
Dorotka (Dora) Goldstein Roth
1932, Varsovie, Pologne
Décrit les conditions de vie dans le ghetto de Vilnius [Témoignage: 1989]
Vous savez, dans le ghetto, il y avait des écoles pour les enfants. Ce qu'on y
faisait -- nous n'apprenions pas grand chose dans ces écoles -- on
nous apprenait à chanter. Je connais toutes les chansons en yiddish du ghetto de
Vilno. Je les ai chantées. J'ai fait un disque de toutes ces chansons. Je l'ai
enregistré à Londres. Alors je connaissais toutes ces chansons. Mais il faut
savoir que les enfants juifs n'avaient pas le droit de
vivre, alors, quelquefois, pendant la semaine, ils venaient pour sortir les
enfants, alors les écoles avaient des bunkers, on nous donnait du papier
brun et des crayons pour qu'on reste tranquilles. Alors, si je ne sais pas si on peut
appeler ça une école -- moi pas -- mais c'était un endroit où
venaient les enfants, et chaque jour, de moins en moins d'enfants venaient, parce qu'on
sortait les enfants du ghetto et on les
tuait. Alors, il y avait de moins en moins d'enfants dans ces classes, si
tant est qu'on puisse appeler ça des classes. Mais j'ai eu de la chance et je suis restée
jusqu'à la fin, et, pendant quelques jours, ma mère ne m'y a pas envoyée parce que
nous devions manger et la viande de cheval était très chère.
Il n'y avait pas d'autre viande. Alors, elle m'envoyait vendre
des cigarettes et des allumettes dans la rue. J'étais une jolie petite
fille et les gens avaient pitié de moi, alors ils achetaient.
Vous savez, dans le ghetto, il y avait des écoles pour les enfants. Ce qu'on y
faisait -- nous n'apprenions pas grand chose dans ces écoles -- on
nous apprenait à chanter. Je connais toutes les chansons en yiddish du ghetto de
Vilno. Je les ai chantées. J'ai fait un disque de toutes ces chansons. Je l'ai
enregistré à Londres. Alors je connaissais toutes ces chansons. Mais il faut
savoir que les enfants juifs n'avaient pas le droit de
vivre, alors, quelquefois, pendant la semaine, ils venaient pour sortir les
enfants, alors les écoles avaient des bunkers, on nous donnait du papier
brun et des crayons pour qu'on reste tranquilles. Alors, si je ne sais pas si on peut
appeler ça une école -- moi pas -- mais c'était un endroit où
venaient les enfants, et chaque jour, de moins en moins d'enfants venaient, parce qu'on
sortait les enfants du ghetto et on les
tuait. Alors, il y avait de moins en moins d'enfants dans ces classes, si
tant est qu'on puisse appeler ça des classes. Mais j'ai eu de la chance et je suis restée
jusqu'à la fin, et, pendant quelques jours, ma mère ne m'y a pas envoyée parce que
nous devions manger et la viande de cheval était très chère.
Il n'y avait pas d'autre viande. Alors, elle m'envoyait vendre
des cigarettes et des allumettes dans la rue. J'étais une jolie petite
fille et les gens avaient pitié de moi, alors ils achetaient.
Après que les Allemands eurent envahi la Pologne en 1939, la famille de Dora s'enfuit à Vilno, en Lituanie. Lorsque les Allemands occupèrent Vilno, le père de Dora fut abattu et le reste de la famille fut confiné dans le ghetto de Vilno. Dora, sa soeur et sa soeur furent déportées dans le camp de Kaiserwald, en Lettonie, puis dans le camp de concentration de Stutthof près de Dantzig. Sa mère et sa soeur moururent à Stutthof. On tira sur Dora immédiatement avant sa libération. Mais elle survécut.
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