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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Le travail forcé — Témoignage video

Ernest Koenig
1917, Vienne, Autriche

Décrit les travaux forcés à Laurahuette, un camp annexe d'Auschwitz [Témoignage: 1991]

Transcription complète:

A Laurahuette -- je ne sais pas quel était son nom en polonais -- le travail était très difficile. Je me souviens qu'on nous avait affectés -- j'avais été affecté -- nous démantelions l'un des anciens hauts fourneaux, et nous portions de lourds morceaux de bois qui se trouvaient dans ce haut fourneau, dans l'installation de ce haut fourneau. Et, vous savez, c'était si lourd que peut-être huit hommes... nous avions des tiges ou des barres, des barres de fer et nous devions, nous étions huit pour le porter. Mais certains d'entre eux, étaient très faibles dès le début, et si une paire -- il y avait quatre paires -- si une paire de porteurs lâchait, ou ne portait pas suffisamment, les autres ne pouvaient plus tenir et tout tombait par terre, et blessait les gens. Nous ne pouvions pas porter si nous étions battus. Et il y a une chose que je n'ai jamais comprise dans les camps de concentration : quelquefois, les gens se faisaient battre à coups de barre de fer et on pouvait croire qu'ils étaient blessés, ils l'étaient parfois, mais quelquefois, je ne sais pas, ça tombait et rien ne se passait. Alors on nous battait durement, et on nous frappait pour porter cette chose, et nous ne pouvions pas la porter, et les gens gisaient au sol et ne pouvaient plus marcher. C'était notre premier mois à Laurahuette.

A Laurahuette -- je ne sais pas quel était son nom en polonais -- le travail était très difficile. Je me souviens qu'on nous avait affectés -- j'avais été affecté -- nous démantelions l'un des anciens hauts fourneaux, et nous portions de lourds morceaux de bois qui se trouvaient dans ce haut fourneau, dans l'installation de ce haut fourneau. Et, vous savez, c'était si lourd que peut-être huit hommes... nous avions des tiges ou des barres, des barres de fer et nous devions, nous étions huit pour le porter. Mais certains d'entre eux, étaient très faibles dès le début, et si une paire -- il y avait quatre paires -- si une paire de porteurs lâchait, ou ne portait pas suffisamment, les autres ne pouvaient plus tenir et tout tombait par terre, et blessait les gens. Nous ne pouvions pas porter si nous étions battus. Et il y a une chose que je n'ai jamais comprise dans les camps de concentration : quelquefois, les gens se faisaient battre à coups de barre de fer et on pouvait croire qu'ils étaient blessés, ils l'étaient parfois, mais quelquefois, je ne sais pas, ça tombait et rien ne se passait. Alors on nous battait durement, et on nous frappait pour porter cette chose, et nous ne pouvions pas la porter, et les gens gisaient au sol et ne pouvaient plus marcher. C'était notre premier mois à Laurahuette.

Ernest étudia à Paris, en France, jusqu'en février 1939 où il repartit pour Brno, en Tchécoslovaquie. Les Allemands occupèrent la région peu après mais Ernest parvint à revenir en France. Il rejoignit une unité tchèque de l'armée française, d'octobre 1939 à la chute de la France en mai 1940. Il parcourut la France libre où il fut enseignant pendant quelques temps. Il se rendit à Grenoble et enseigna encore, mais il fut arrêté parce qu'il ne disposait pas des papiers nécessaires. Ernest fut interné dans le camp de Le Vernet pendant deux ans. Il fut ensuite déporté dans le camp de Drancy pour être transféré en Haute Silésie en septembre 1942, puis à Laurahuette (un camp annexe d'Auschwitz où les travailleurs peinaient dans les mines et les hauts fourneaux). Il resta à Laurahuette jusqu'en août 1943, où il fut envoyé à Blechhammer, un autre camp annexe d'Auschwitz. Après la libération, Ernest partit pour les Etats-Unis.

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