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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

La libération des camps — Témoignage video

Gerda Weissmann Klein
1924, Bielsko, Pologne

Décrit sa libération en Tchécoslovaquie par un soldat américain [Témoignage: 1990]

Transcription complète:

Tout d'un coup, j'ai vu (pause) une étrange voiture descendre de la colline,
elle n'était plus verte et ne portait plus le swastika, mais une étoile blanche. C'était
une sorte du véhicule tout boueux mais jamais je n'ai vu d'étoile
plus brillante dans toute ma vie. Et deux hommes en ont sauté, sont venus en courant
vers nous et l'un d'eux s'est approché de moi. Il portait
un équipement de combat. Laissez-moi y penser... vous voyez. Il avait un filet sur son
casque et il portait des lunettes foncées et il m'a parlé en
allemand. Et il a dit, 'Est-ce que quelqu'un parle allemand ou anglais?"
et j'ai dit, "Je parle allemand." Et j'ai senti que je devais lui dire que nous
étions Juifs et je ne savais pas s'il connaissait le sens de l'étoile
mais, vous savez, j'avais un peu
peur de le lui dire mais je lui ai dit, "Nous sommes Juifs, vous
savez." Il ne m'a pas répondu pendant un moment. Puis, sa voix a
en quelque sorte
trahi son émotion et il a dit, "Moi aussi.' Je dois dire que c'était
le plus grand moment de ma vie. Et je lui ai posé une question
incroyable. Il a dit, "Puis-je voir les autres dames?" Vous savez,
comment on nous avait appelées pendant six ans, et puis
d'entendre cet homme... Pour moi, c'était un jeune dieu. Il faut vous dire que je
pesais 34 kilos. J'avais les cheveux blancs. Et, comme vous pouvez l'imaginer,
je n'avais pas pris de bain depuis des années. Et cette créature demandait à voir "les
autres dames." Alors je lui ai dit que la plupart des filles étaient à l'intérieur,
vous voyez. Elles étaient trop malades pour marcher, et il a dit, "Voulez-vous venir avec moi?" Et j'ai
répondu, Bien sur." Mais je ne savais pas ce qu'il voulait dire. Il me tint la porte et me laissa
passer; ce geste me rendit à l'humanité. Et ce jeune Américain
que j'ai rencontré ce jour-là est aujourd'hui mon mari.

Tout d'un coup, j'ai vu (pause) une étrange voiture descendre de la colline,
elle n'était plus verte et ne portait plus le swastika, mais une étoile blanche. C'était
une sorte du véhicule tout boueux mais jamais je n'ai vu d'étoile
plus brillante dans toute ma vie. Et deux hommes en ont sauté, sont venus en courant
vers nous et l'un d'eux s'est approché de moi. Il portait
un équipement de combat. Laissez-moi y penser... vous voyez. Il avait un filet sur son
casque et il portait des lunettes foncées et il m'a parlé en
allemand. Et il a dit, 'Est-ce que quelqu'un parle allemand ou anglais?"
et j'ai dit, "Je parle allemand." Et j'ai senti que je devais lui dire que nous
étions Juifs et je ne savais pas s'il connaissait le sens de l'étoile
mais, vous savez, j'avais un peu
peur de le lui dire mais je lui ai dit, "Nous sommes Juifs, vous
savez." Il ne m'a pas répondu pendant un moment. Puis, sa voix a
en quelque sorte
trahi son émotion et il a dit, "Moi aussi.' Je dois dire que c'était
le plus grand moment de ma vie. Et je lui ai posé une question
incroyable. Il a dit, "Puis-je voir les autres dames?" Vous savez,
comment on nous avait appelées pendant six ans, et puis
d'entendre cet homme... Pour moi, c'était un jeune dieu. Il faut vous dire que je
pesais 34 kilos. J'avais les cheveux blancs. Et, comme vous pouvez l'imaginer,
je n'avais pas pris de bain depuis des années. Et cette créature demandait à voir "les
autres dames." Alors je lui ai dit que la plupart des filles étaient à l'intérieur,
vous voyez. Elles étaient trop malades pour marcher, et il a dit, "Voulez-vous venir avec moi?" Et j'ai
répondu, Bien sur." Mais je ne savais pas ce qu'il voulait dire. Il me tint la porte et me laissa
passer; ce geste me rendit à l'humanité. Et ce jeune Américain
que j'ai rencontré ce jour-là est aujourd'hui mon mari.

En 1939, le frère de Gerda fut déporté aux travaux forcés. En juin 1942, la famille de Gerda fut déportée du ghetto de Bielsko. Tandis que ses parents étaient conduits à Auschwitz, Gerda fut envoyée au camp de Gross-Rosen où, pendant tout le reste de la guerre, elle fut mise aux travaux forcés dans des usines textiles. Gerda fut libérée au bout d'une marche vers la mort, portant les après-ski que son père avait tenu qu'elle porte et qui, lui avait-il dit, l'aideraient à survivre.

— US Holocaust Memorial Museum - Collections

Copyright © United States Holocaust Memorial Museum, Washington, DC
Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France