
Rochelle Blackman Slivka
1922, Vilno, Pologne
Décrit une marche vers la mort au départ de Stutthof [Témoignage: 1990]
Nous n'avions pas de vêtements chauds, juste ceux que nous portions sur nous
et nous n'avions pas de chaussures. Nous devions nous couvrir les pieds avec des guenilles.
Et quand une femme mourait, nous lui enlevions toujours les guenilles qu'elle
avait aux pieds et nous couvrions les nôtres avec... Davantage de bouts de tissu pour garder nos pieds
au chaud. Nous lui enlevions aussi ses vêtements pour nous tenir chaud, pour mettre
quelque chose de plus sur nous. Pendant que nous marchions, nous avons vu des gens
étendus par terre. Des hommes gelés, morts gelés. Nous savions qu'un
convoi de Juifs était passé par là. Nous commencions notre marche à environ six
heures du matin, pour
marcher, avec un morceau de pain et un café noir, et nous marchions toute une
journée jusqu'à ce que nous trouvions un endroit pour passer la nuit. Ca pouvait être une
grange ou une église... tout ce qui pouvait nous
abriter. Puis ils nous donnaient à nouveau un morceau de pain et du café et nous
allions dormir. Nous avons marché comme ça pendant six semaines. Nous
n'avions pas le droit de nous pencher pour prendre un peu de neige pour humidifier nos
lèvres. Ceux qui se courbaient pour en ramasser, ils étaient abattus par les
gardes. Ceux qui s'aidaient mutuellement à marcher étaient abattus. Nous n'avions
pas le droit de faire ça non plus. Nous avons marché comme ça pendant six semaines.
Nous n'avions pas de vêtements chauds, juste ceux que nous portions sur nous
et nous n'avions pas de chaussures. Nous devions nous couvrir les pieds avec des guenilles.
Et quand une femme mourait, nous lui enlevions toujours les guenilles qu'elle
avait aux pieds et nous couvrions les nôtres avec... Davantage de bouts de tissu pour garder nos pieds
au chaud. Nous lui enlevions aussi ses vêtements pour nous tenir chaud, pour mettre
quelque chose de plus sur nous. Pendant que nous marchions, nous avons vu des gens
étendus par terre. Des hommes gelés, morts gelés. Nous savions qu'un
convoi de Juifs était passé par là. Nous commencions notre marche à environ six
heures du matin, pour
marcher, avec un morceau de pain et un café noir, et nous marchions toute une
journée jusqu'à ce que nous trouvions un endroit pour passer la nuit. Ca pouvait être une
grange ou une église... tout ce qui pouvait nous
abriter. Puis ils nous donnaient à nouveau un morceau de pain et du café et nous
allions dormir. Nous avons marché comme ça pendant six semaines. Nous
n'avions pas le droit de nous pencher pour prendre un peu de neige pour humidifier nos
lèvres. Ceux qui se courbaient pour en ramasser, ils étaient abattus par les
gardes. Ceux qui s'aidaient mutuellement à marcher étaient abattus. Nous n'avions
pas le droit de faire ça non plus. Nous avons marché comme ça pendant six semaines.
L'Allemagne occupa Vilno en juin 1941. En octobre, Rochelle et sa famille furent confinées dans le ghetto de Vilno où sa mère mourut. Son père, membre du conseil juif, fut tué dans un camp en Estonie. Lorsque le ghetto fut détruit en 1943, Rochelle et sa soeur furent tout d'abord déportées dans le camp de Kaiserwald en Lettonie, puis à Stutthof, près de Dantzig. En 1945, lors d'une marche vers la mort de six semaines au cours de laquelle les deux soeurs étaient obligées de protéger leurs pieds nus avec des guenilles, l'armée soviétique les libéra.
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