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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Mauthausen — Témoignage video

Colonel Richard R. Seibel
1907, Defiance, Ohio

Décrit la distribution de nourriture après la libération du camp de Mauthausen [Témoignage: 1990]

Transcription complète:

Mes docteurs m'avaient dit "Ecoute. Ces gens ont subi
une forte privation de nourriture, et tu ne peux pas les nourrir trop au
début." Alors, comme je l'ai dit, nous avons trouvé la réserve de pommes de terre, alors
nous avons préparé une soupe de pommes de terre très liquide, la même qu'ils avaient
mangée auparavant. L'élément le plus précieux de leur régime était
le pain. Ils auraient pu vous couper la gorge pour un morceau de pain,
aussi gros fut-il. Ils conservaient un peu de pain dans leurs vies. Nous
avons trouvé une ancienne boulangerie, et certains prisonniers avaient été
boulangers
avant et, vous n'allez pas le croire, mais vous savez tout ce
raffût
ces derniers temps sur le pain à l'avoine et les céréales et toutes ces choses-là,
je crois que c'est nous qui sommes à l'origine de tout ça. Parce que nous n'avions pas de
blé
et nous n'avions pas de levure. Mais nous avons commencé à faire du pain avec des
céréales.
Et nous avons fait cuire des milliers et des milliers de miches, mais, bien sûr,
quand
les premières sont sorties de la boulangerie, enfin des fours,
c'était
juste des boules de pâte, sans levure ni sel
d'aucune
sorte. Alors, nous les avons mises dans un grand entrepôt et nous les avons laissées
jusqu'à
ce qu'elles aient séché. Une fois sèches, nous commencions à distribuer à chaque
prisonnier une tranche de pain. C'était la chose la plus précieuse qu'ils
pouvaient recevoir. Alors, nous avons continué à constituer notre stock de pain, et
il est arrivé un moment où nous leur avons donné deux tranches. Et
puis
le quart d'une miche de pain. Puis une demi-miche.
Et
ils sont venus et nous ont dit, "Nous ne voulons plus de pain. Nous
n'en pouvons
plus." [rire] On en a drôlement entendu parler.

Mes docteurs m'avaient dit "Ecoute. Ces gens ont subi
une forte privation de nourriture, et tu ne peux pas les nourrir trop au
début." Alors, comme je l'ai dit, nous avons trouvé la réserve de pommes de terre, alors
nous avons préparé une soupe de pommes de terre très liquide, la même qu'ils avaient
mangée auparavant. L'élément le plus précieux de leur régime était
le pain. Ils auraient pu vous couper la gorge pour un morceau de pain,
aussi gros fut-il. Ils conservaient un peu de pain dans leurs vies. Nous
avons trouvé une ancienne boulangerie, et certains prisonniers avaient été
boulangers
avant et, vous n'allez pas le croire, mais vous savez tout ce
raffût
ces derniers temps sur le pain à l'avoine et les céréales et toutes ces choses-là,
je crois que c'est nous qui sommes à l'origine de tout ça. Parce que nous n'avions pas de
blé
et nous n'avions pas de levure. Mais nous avons commencé à faire du pain avec des
céréales.
Et nous avons fait cuire des milliers et des milliers de miches, mais, bien sûr,
quand
les premières sont sorties de la boulangerie, enfin des fours,
c'était
juste des boules de pâte, sans levure ni sel
d'aucune
sorte. Alors, nous les avons mises dans un grand entrepôt et nous les avons laissées
jusqu'à
ce qu'elles aient séché. Une fois sèches, nous commencions à distribuer à chaque
prisonnier une tranche de pain. C'était la chose la plus précieuse qu'ils
pouvaient recevoir. Alors, nous avons continué à constituer notre stock de pain, et
il est arrivé un moment où nous leur avons donné deux tranches. Et
puis
le quart d'une miche de pain. Puis une demi-miche.
Et
ils sont venus et nous ont dit, "Nous ne voulons plus de pain. Nous
n'en pouvons
plus." [rire] On en a drôlement entendu parler.

En juin 1941, Richard fut enrôlé en service actif au sein de l'armée américaine. Après une période d'entraînement, on l'envoya en Europe. Il entra en Autriche en avril 1945. Une patrouille arriva au camp de Mauthausen et Richard fut désigné pour prendre le commandement du camp. Il regroupa les prisonniers qui avaient survécu dans le camp jusqu'à la libération, en mai 1945, et les conduisit dans deux hôpitaux de campagne. Après 35 jours passés à Mauthausen, il fut affecté dans les Alpes autrichiennes.

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Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France