
Raymond Buch
1920, New York City
Décrit comment les civils furent contraints d'enterrer les morts [Témoignage: 1990]
Parmi les civils allemands qui se trouvaient là, nous avons commencé à demander à ces
gens de monter dans les camions et nous leur avons demandé de porter leurs
plus beaux vêtements, puis nous leur avons fait creuser des tombes, et nous
voulions qu'ils voient ce qui se passait puis nous leur avons fait porter les
cadavres, charger les cadavres dans les wagons. Nous avons déchargé des pleins wagons,
les uns après les autres, sur le site funéraire, qui était en fait le terrain de
football ... ils appelaient ça la Platz des sports.
Et nous avons dit aux Allemands de les prendre, de les charger dans les wagons
à l'intérieur du camp, puis de les emmener vers le cimetière,
le site funéraire, et de les décharger, de les mettre en terre, côte
à côte, par centaines -- il y avait environ cent cinquante personnes par
file -- et sur le côté, pratiquement les uns sur les autres. Ils étaient
si, ils n'avaient que la peau sur les os, et c'était -- j'ai des
photos d'eux et des films, que vous verrez plus tard -- mais les corps
étaient si maigres qu'on ne pouvait
absolument pas comprendre comment ces gens étaient vivants et pouvaient encore marcher.
Et certains de ceux qui marchaient avaient meilleure allure que
les morts, bien sûr -- meilleure mine que les morts -- mais certains
étaient bien pire, et ils étaient encore vivants, question de résistance,
je ne sais pas, je ne sais pas. Mais c'était incroyable
qu'ils puissent encore marcher, pour la plupart. "Les morts ambulants," c'est
comme ça que nous les appelions à ce moment là.
Parmi les civils allemands qui se trouvaient là, nous avons commencé à demander à ces
gens de monter dans les camions et nous leur avons demandé de porter leurs
plus beaux vêtements, puis nous leur avons fait creuser des tombes, et nous
voulions qu'ils voient ce qui se passait puis nous leur avons fait porter les
cadavres, charger les cadavres dans les wagons. Nous avons déchargé des pleins wagons,
les uns après les autres, sur le site funéraire, qui était en fait le terrain de
football ... ils appelaient ça la Platz des sports.
Et nous avons dit aux Allemands de les prendre, de les charger dans les wagons
à l'intérieur du camp, puis de les emmener vers le cimetière,
le site funéraire, et de les décharger, de les mettre en terre, côte
à côte, par centaines -- il y avait environ cent cinquante personnes par
file -- et sur le côté, pratiquement les uns sur les autres. Ils étaient
si, ils n'avaient que la peau sur les os, et c'était -- j'ai des
photos d'eux et des films, que vous verrez plus tard -- mais les corps
étaient si maigres qu'on ne pouvait
absolument pas comprendre comment ces gens étaient vivants et pouvaient encore marcher.
Et certains de ceux qui marchaient avaient meilleure allure que
les morts, bien sûr -- meilleure mine que les morts -- mais certains
étaient bien pire, et ils étaient encore vivants, question de résistance,
je ne sais pas, je ne sais pas. Mais c'était incroyable
qu'ils puissent encore marcher, pour la plupart. "Les morts ambulants," c'est
comme ça que nous les appelions à ce moment là.
Sergent dans l'armée américaine, Raymond participa à la bataille des Ardennes. En mai 1945, son unité fut déployée vers le camp de Mathausen, en Autriche, pour y creuser des fosses communes pour les victimes. Il regardait les civils allemands qui, sur ordre des américains, déversaient les cadavres dans les fosses. Il vit également des survivants plus robustes enlever les vêtements de leurs compagnons plus maigres pour remplacer leurs uniformes en lambeaux. Raymond se rendit dans le camp d'Ebensee à Mathausen et à Gusen pour garder les SS.
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