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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Les conséquences de la Seconde Guerre mondiale — Témoignage video

Murray Pantirer
1925, Cracovie, Pologne

Décrit le climat antisémite dans la Cracovie d'après-guerre [Témoignage: 1990]

Transcription complète:

Je suis arrivé à Cracovie et j'ai marché dans mon appartement,
et j'ai tout de suite dit à la femme, "Je ne veux absolument rien de cet
appartement." Tout ce qui se trouvait dans cet appartement était
à nous. Je m'en moquais. "Je veux juste écrire un mot.
Si l'un des membres de ma famille, si par miracle quelqu'un survivait,
je suis le fils cadet de Leyzer Pantirer -- je suis en vie. Et je suis
inscrit dans la communauté juive de Cracovie. Où je vais? Je n'en sais rien,
mais je..." Alors elle dit, "Assieds-toi, prends une tasse de
thé." Elle envoya son fils chercher la milice. Les miliciens arrivèrent
et dirent, "Pourquoi es-tu venu faire des histoires?" Je leur dis, "Quel
genre d'histoires ai-je fait? Je veux juste écrire mon adresse, mon
appartement, je veux écrire mon nom." Et puis
comme je vous l'ai dit, nous avions du matériel, alors nous avons
commencé à le vendre dans la rue, alors ils disaient
"My nie kupujemu u zydov! -- nous n'achetons rien aux Juifs," ou encore
"Regarde, ils avaient dit qu'ils les tueraient. Tu as vu comme ils sont
nombreux." Et parmi ces milliers de gens, ils y avait deux ou trois garçons
Juifs qui essayaient d'échanger ce qu'ils avaient pour subsister.
Ils ne voulaient pas de nous. Et, je les entends en permanence nous dire,
"Zydy do Palestuny -- Les Juifs, en Palestine."

Je suis arrivé à Cracovie et j'ai marché dans mon appartement,
et j'ai tout de suite dit à la femme, "Je ne veux absolument rien de cet
appartement." Tout ce qui se trouvait dans cet appartement était
à nous. Je m'en moquais. "Je veux juste écrire un mot.
Si l'un des membres de ma famille, si par miracle quelqu'un survivait,
je suis le fils cadet de Leyzer Pantirer -- je suis en vie. Et je suis
inscrit dans la communauté juive de Cracovie. Où je vais? Je n'en sais rien,
mais je..." Alors elle dit, "Assieds-toi, prends une tasse de
thé." Elle envoya son fils chercher la milice. Les miliciens arrivèrent
et dirent, "Pourquoi es-tu venu faire des histoires?" Je leur dis, "Quel
genre d'histoires ai-je fait? Je veux juste écrire mon adresse, mon
appartement, je veux écrire mon nom." Et puis
comme je vous l'ai dit, nous avions du matériel, alors nous avons
commencé à le vendre dans la rue, alors ils disaient
"My nie kupujemu u zydov! -- nous n'achetons rien aux Juifs," ou encore
"Regarde, ils avaient dit qu'ils les tueraient. Tu as vu comme ils sont
nombreux." Et parmi ces milliers de gens, ils y avait deux ou trois garçons
Juifs qui essayaient d'échanger ce qu'ils avaient pour subsister.
Ils ne voulaient pas de nous. Et, je les entends en permanence nous dire,
"Zydy do Palestuny -- Les Juifs, en Palestine."

Les Allemands occupèrent Cracovie en 1939. La famille de Murray fut confinée dans le ghetto de Cracovie avec le reste de la population juive de la ville. En 1942, Murray et l'un de ses frères furent déportés aux travaux forcés dans le camp voisin de Plaszow. En mai 1941, son frère fut transféré à Auschwitz et Murray fut envoyé au camp de Gross-Rosen en Allemagne. Murray fut ensuite transféré à Bruennlitz, dans les Sudètes, dans le cadre des travaux forcés pour le compte d'un industriel allemand, Oskar Schindler. Schindler aida les Juifs qui travaillaient pour lui à survivre à la guerre. Murray fut libéré en 1945.

— US Holocaust Memorial Museum - Collections

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Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France