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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Le travail forcé — Témoignage video

Raszka (Roza) Galek Brunswic
1920, Sochocin, Pologne

Décrit sa décision de travailler dans une ferme en Allemagne en se faisant passer pour une Polonaise catholique [Témoignage: 1989]

Transcription complète:

Et ils m'ont dit, "Tu as le choix, soit tu vas dans une ferme,
soit dans une usine de munitions, soit tu vas dans les hôtels. J'ai
pensé que pour être en sécurité, mieux valait que j'aille
dans une ferme. Parce que je savais qu'il faudrait travailler dur mais je n'y
rencontrerais pas autant de Polonais. J'avais peur de rencontrer des Polonais. C'était ça
l'idée. J'avais toujours mes faux papiers qui me faisaient passer pour une chrétienne. Pour sûr.
J'avais le nom de Maria Kowalcik. Maria Jadwiga Kowalcik. Le second prénom était
Jadwiga. C'est sous ce nom que je suis arrivée en Allemagne, Maria Kowalcik. Et j'ai
pensé que pour mon bien, je serais certainement plus en sécurité loin
de tout le monde. Et j'ai pensé que les Polonais n'iraient
probablement pas dans une ferme. Ils préfèreraient aller dans un hôtel, dans des
bureaux, d'autres endroits, mais je pensais que, pour moi, le mieux
c'était d'aller dans une ferme. Tout d'abord, j'étais maigre. Je
pesais quarante, quarante-cinq kilos, de peau et d'os, quand je suis arrivée en
Allemagne. La peau sur les os. Je suis arrivée comme ça en Allemagne.
On m'a dit qu'on allait m'emmener à Krummhardt,
près d'Esslingen. C'était une petite ferme, mais son propriétaire
était paralysé, mais il avait un gendre du nom de Karl
Beck, et une fille, Louise. Elle venait juste d'épouser ce Mr.
Beck. Et on m'emmena à Krummhardt. C'est comme ça que je suis venue en
Allemagne. Bon. J'étais une fille de la ville. Je ne savais pas ce que
travailler signifiait parce je venais d'une famille aisée. Nous avions des domestiques,
et nous avions tout. Je ne savais même pas faire bouillir un verre
d'eau. Très choyée, vraiment très protégée, et
je n'avais aucune idée de ce qu'était une ferme... le travail dans une ferme. Mais qu'importe, je
me suis adaptée et plutôt bien adaptée. Je savais que c'était comme ça.
Que c'était comme ça que ça serait. Mieux valait que ça se passe bien.

Et ils m'ont dit, "Tu as le choix, soit tu vas dans une ferme,
soit dans une usine de munitions, soit tu vas dans les hôtels. J'ai
pensé que pour être en sécurité, mieux valait que j'aille
dans une ferme. Parce que je savais qu'il faudrait travailler dur mais je n'y
rencontrerais pas autant de Polonais. J'avais peur de rencontrer des Polonais. C'était ça
l'idée. J'avais toujours mes faux papiers qui me faisaient passer pour une chrétienne. Pour sûr.
J'avais le nom de Maria Kowalcik. Maria Jadwiga Kowalcik. Le second prénom était
Jadwiga. C'est sous ce nom que je suis arrivée en Allemagne, Maria Kowalcik. Et j'ai
pensé que pour mon bien, je serais certainement plus en sécurité loin
de tout le monde. Et j'ai pensé que les Polonais n'iraient
probablement pas dans une ferme. Ils préfèreraient aller dans un hôtel, dans des
bureaux, d'autres endroits, mais je pensais que, pour moi, le mieux
c'était d'aller dans une ferme. Tout d'abord, j'étais maigre. Je
pesais quarante, quarante-cinq kilos, de peau et d'os, quand je suis arrivée en
Allemagne. La peau sur les os. Je suis arrivée comme ça en Allemagne.
On m'a dit qu'on allait m'emmener à Krummhardt,
près d'Esslingen. C'était une petite ferme, mais son propriétaire
était paralysé, mais il avait un gendre du nom de Karl
Beck, et une fille, Louise. Elle venait juste d'épouser ce Mr.
Beck. Et on m'emmena à Krummhardt. C'est comme ça que je suis venue en
Allemagne. Bon. J'étais une fille de la ville. Je ne savais pas ce que
travailler signifiait parce je venais d'une famille aisée. Nous avions des domestiques,
et nous avions tout. Je ne savais même pas faire bouillir un verre
d'eau. Très choyée, vraiment très protégée, et
je n'avais aucune idée de ce qu'était une ferme... le travail dans une ferme. Mais qu'importe, je
me suis adaptée et plutôt bien adaptée. Je savais que c'était comme ça.
Que c'était comme ça que ça serait. Mieux valait que ça se passe bien.

La famille de Roza s'installa à Varsovie en 1934. Elle venait à peine de commencer le collège lorsque l'Allemagne envahit la Pologne en 1939. En 1940, les Allemands fermèrent le ghetto de Varsovie où ses parents furent abattus pendant une rafle. Roza s'enfuit et partit se cacher. Depuis sa cachette, elle assista à l'incendie du ghetto au cours de l'insurrection de 1943. Elle disposait de faux papiers faisant d'elle une Polonaise catholique (Maria Kowalczyk), et fut déportée dans un wagon à bestiaux en Allemagne, en juin 1943. Elle travailla dans une ferme jusqu'à la libération en 1945.

— US Holocaust Memorial Museum - Collections

Copyright © United States Holocaust Memorial Museum, Washington, DC
Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France