
Hana Mueller Bruml
1922, Prague, Tchécoslovaquie
Décrit les procédures d'arrivée à Auschwitz [Témoignage: 1990]
Après être arrivées et nous être deshabillées, nous devions traverser un couloir,
entièrement nues, mais nous pouvions garder nos chaussures. Un SS est arrivé et nous a regardé
la poitrine et le ventre pour voir si l'une de nous
était enceinte. S'ils voyaient une femme enceinte, ils la sortaient.
Alors, nous restions là, nues, et
ils venaient et regardaient nos poitrines et nos ventres. Puis nous sommes
allées dans une pièce où ils nous ont rasées. Et je me souviens d'avoir
vu l'une des femmes que je connaissais s'asseoir, elle avait de longs cheveux et, à ce moment-là,
la moitié de ses cheveux avait été rasée et ils étaient encore longs. Et je l'ai
regardée, et j'avais quelques pinces à cheveux, je les ai
gardées. Je pensais que lorsque mes cheveux repousseraient, je les aurais, ces pinces à cheveux. Et
bien sûr, quand tout d'un coup vous vous voyez chauve,
entièrement rasée, on ressemble à un singe. Tout le monde avait l'air d'un
singe. Et ce n'est pas tout, avec une seule lame, des centaines de gens.
Et puis, avec cette minutie qu'ont les Allemands, ils nous ont également rasé le
pubis -- près d'une centaine de personnes et une seule lame, le pubis.
Aucune autre mesure d'hygiène, mais ils avaient rasé nos pubis.
Après être arrivées et nous être deshabillées, nous devions traverser un couloir,
entièrement nues, mais nous pouvions garder nos chaussures. Un SS est arrivé et nous a regardé
la poitrine et le ventre pour voir si l'une de nous
était enceinte. S'ils voyaient une femme enceinte, ils la sortaient.
Alors, nous restions là, nues, et
ils venaient et regardaient nos poitrines et nos ventres. Puis nous sommes
allées dans une pièce où ils nous ont rasées. Et je me souviens d'avoir
vu l'une des femmes que je connaissais s'asseoir, elle avait de longs cheveux et, à ce moment-là,
la moitié de ses cheveux avait été rasée et ils étaient encore longs. Et je l'ai
regardée, et j'avais quelques pinces à cheveux, je les ai
gardées. Je pensais que lorsque mes cheveux repousseraient, je les aurais, ces pinces à cheveux. Et
bien sûr, quand tout d'un coup vous vous voyez chauve,
entièrement rasée, on ressemble à un singe. Tout le monde avait l'air d'un
singe. Et ce n'est pas tout, avec une seule lame, des centaines de gens.
Et puis, avec cette minutie qu'ont les Allemands, ils nous ont également rasé le
pubis -- près d'une centaine de personnes et une seule lame, le pubis.
Aucune autre mesure d'hygiène, mais ils avaient rasé nos pubis.
En 1942, Hana fut confinée avec d'autres Juifs dans le ghetto de Theresienstadt où elle travailla comme infirmière. Là-bas, au milieu des épidémies et de la pauvreté, les habitants chantaient, discutaient et lisaient de la poésie. En 1944, elle fut déportée à Auschwitz. Au bout d'un mois, elle fut envoyée à Sackisch, un camp annexe de Gross-Rosen, où elle fabriqua des pièces d'avion dans le cadre du travail obligatoire. Elle fut libérée en mai 1945.
US Holocaust Memorial Museum - Collections