
Hanne Hirsch Liebmann
1924, Karlsruhe, Allemagne
Décrit les effets de la Nuit de Cristal [Témoignage: 1990]
La Nuit de Cristal, j'étais partie pour l'école le matin, l'école juive
évidemment, et quelque chose me paraissait étrange, mais je ne savais pas quoi.
Alors quand je suis arrivée à l'école et que j'ai dit avoir vu des camions de
pompiers devant un bâtiment et, derrière ce bâtiment, il
y avait la synagogue orthodoxe, on m'a dit, "Tu n'es pas au courant
de ce qui se passe ?" Et j'ai dit, "Non, je ne sais pas." Une fille
m'a dit, "Mon père a été arrêté. Son père a été arrêté," et
c'était une situation terrible. Les professeurs, à part les
femmes, ne sont pas venus. Ils avaient été arrêtés. Et nous avons
été renvoyées chez nous, je crois, deux heures plus tard. Quand je suis
rentrée, toutes nos vitres avaient volé en éclats. Ma mère
balayait la rue. Bon. Sous les insultes et les harcèlements de la
population ou de ceux qui étaient censés faire partie de la population.
Près de chez nous était installé un magasin de tapis orientaux. Les
vitrines n'existaient plus. De l'encre avait été jetée sur les tapis. C'était
impossible. La seule raison pour laquelle notre appartement et notre commerce n'avaient pas
été touchés à l'époque était qu'ils savaient tout bonnement qu'il n'y avait aucun homme
à arrêter chez nous, alors notre appartement et notre commerce, à l'étage,
sont restés intacts.
La Nuit de Cristal, j'étais partie pour l'école le matin, l'école juive
évidemment, et quelque chose me paraissait étrange, mais je ne savais pas quoi.
Alors quand je suis arrivée à l'école et que j'ai dit avoir vu des camions de
pompiers devant un bâtiment et, derrière ce bâtiment, il
y avait la synagogue orthodoxe, on m'a dit, "Tu n'es pas au courant
de ce qui se passe ?" Et j'ai dit, "Non, je ne sais pas." Une fille
m'a dit, "Mon père a été arrêté. Son père a été arrêté," et
c'était une situation terrible. Les professeurs, à part les
femmes, ne sont pas venus. Ils avaient été arrêtés. Et nous avons
été renvoyées chez nous, je crois, deux heures plus tard. Quand je suis
rentrée, toutes nos vitres avaient volé en éclats. Ma mère
balayait la rue. Bon. Sous les insultes et les harcèlements de la
population ou de ceux qui étaient censés faire partie de la population.
Près de chez nous était installé un magasin de tapis orientaux. Les
vitrines n'existaient plus. De l'encre avait été jetée sur les tapis. C'était
impossible. La seule raison pour laquelle notre appartement et notre commerce n'avaient pas
été touchés à l'époque était qu'ils savaient tout bonnement qu'il n'y avait aucun homme
à arrêter chez nous, alors notre appartement et notre commerce, à l'étage,
sont restés intacts.
La famille de Hanne dirigeait un studio de photographie. En octobre 1940, avec d'autres membres de sa famille, elle fut déportée dans le camp de Gurs, dans le Sud de la France. En septembre 1941, l'Oeuvre de Secours aux Enfants (OSE) sauva Hanne et la cacha dans un foyer pour enfants à Le Chambon-sur-Lignon. Sa mère mourut à Auschwitz. En 1943, Hanne obtint de faux papiers et passa en Suisse. Elle se maria à Genève en 1945 et eut une fille en 1946. En 1948, elle arriva aux Etats-Unis.
US Holocaust Memorial Museum - Collections
La législation antisémite dans l'Allemagne d'avant-guerre »