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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Les réfugiés juifs polonais dans le ghetto de Shanghai, 1941-1945 — Témoignage video

Ernest G. Heppner
1921, Breslau, Allemagne

Décrit le ghetto de Shanghai et ses surveillants japonais [Témoignage: 1989]

Transcription complète:

C'était un ghetto. Entouré par des fils barbelés. Et nous
appartenions à un groupe de volontaires appelé le Pao Chia, sous la
supervisions japonaise. Un genre
d'auto-protection. Ils portaient des brassards et devaient se poster
aux sorties et aux entrées du ghetto, pour veiller à ce que personne ne sorte
sans autorisation. Et à cette époque, la situation
était telle que le ghetto était dirigé par un Japonais très brutal,
sadique même, appelé Ghoya. Il était paranoïaque, c'était un psychopathe, et
il se faisait appeler le "roi des Juifs." Il était sous les ordres de Kobota.
Kobota était l'un des officiers dont j'ai parlé précédemment.
Je pourrais parler une heure durant de Ghoya, de ce qu'il a fait.
Il avait un tel complexe d'infériorité qu'il nous demandait -- nous
restions en rang pendant toute une journée pour obtenir un laissez-passer si nous avions
encore un emploi à l'extérieur. On pouvait sortir du ghetto si toutefois
il nous donnait un laissez-passer. Ce laissez-passer pouvait être valable une journée ou un mois,
selon son bon vouloir, pour aller dans certains quartiers de la ville. Et on devait
être de retour dans le ghetto à une certaine heure. Et il
commençait à nous interroger. "Ah, tu parles trop bien
anglais. Pas de laissez-passer." Ou encore, "Tu ne parles pas anglais. Pas de laissez-passer." Et
s'il ne vous aimait pas, il sautait sur le bureau et vous giflait. Et si
ça tournait vraiment mal, il vous envoyait passer la nuit dans le
bunker [cachot]. Le bunker, en soi, c'était une condamnation à
mort, une nuit. Parce que le bunker était contaminé par la typhoïde.
La typhoïde. Si vous sortiez du bunker le lendemain, il se
passait une semaine ou deux avant que vous tombiez malade, mais tout le monde
savait déjà qu'il ne vous restait que deux semaine à vivre tout au plus.

C'était un ghetto. Entouré par des fils barbelés. Et nous
appartenions à un groupe de volontaires appelé le Pao Chia, sous la
supervisions japonaise. Un genre
d'auto-protection. Ils portaient des brassards et devaient se poster
aux sorties et aux entrées du ghetto, pour veiller à ce que personne ne sorte
sans autorisation. Et à cette époque, la situation
était telle que le ghetto était dirigé par un Japonais très brutal,
sadique même, appelé Ghoya. Il était paranoïaque, c'était un psychopathe, et
il se faisait appeler le "roi des Juifs." Il était sous les ordres de Kobota.
Kobota était l'un des officiers dont j'ai parlé précédemment.
Je pourrais parler une heure durant de Ghoya, de ce qu'il a fait.
Il avait un tel complexe d'infériorité qu'il nous demandait -- nous
restions en rang pendant toute une journée pour obtenir un laissez-passer si nous avions
encore un emploi à l'extérieur. On pouvait sortir du ghetto si toutefois
il nous donnait un laissez-passer. Ce laissez-passer pouvait être valable une journée ou un mois,
selon son bon vouloir, pour aller dans certains quartiers de la ville. Et on devait
être de retour dans le ghetto à une certaine heure. Et il
commençait à nous interroger. "Ah, tu parles trop bien
anglais. Pas de laissez-passer." Ou encore, "Tu ne parles pas anglais. Pas de laissez-passer." Et
s'il ne vous aimait pas, il sautait sur le bureau et vous giflait. Et si
ça tournait vraiment mal, il vous envoyait passer la nuit dans le
bunker [cachot]. Le bunker, en soi, c'était une condamnation à
mort, une nuit. Parce que le bunker était contaminé par la typhoïde.
La typhoïde. Si vous sortiez du bunker le lendemain, il se
passait une semaine ou deux avant que vous tombiez malade, mais tout le monde
savait déjà qu'il ne vous restait que deux semaine à vivre tout au plus.

La famille d'Ernest possédait une fabrique de matzah, le pain sans levure consommé pendant la Pâque Juive. En février 1939, trois mois après la Nuit de Cristal, Ernest et sa mère s'enfuirent vers Shanghai, l'une des destinations sures des réfugiés sans visa. Son père et sa soeur restèrent en Allemagne ; ils moururent au cours de la Shoah. L'un de ses frères put s'enfuir vers l'Angleterre. Ernest et sa mère trouvèrent du travail à Shanghai. En 1947, il partit aux Etats-Unis avec sa femme, qu'il avait rencontrée et épousée à Shanghai.

— US Holocaust Memorial Museum - Collections

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Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France