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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Les camps de concentration, 1939-1942 — Témoignage video

Sam Itzkowitz
1925, Makow, Pologne

Décrit les travaux forcés dans les carrières de cailloux d'Auschwitz [Témoignage: 1991]

Transcription complète:

Lorsque nous avons commencé à travailler, l'enfer s'est ouvert devant nous. Nous étions dans une
carrière de cailloux, elle était plus basse que nous. Les
cailloux étaient tout en bas et nous devions lancer des pelletées de cailloux par-dessus
nos têtes, dans un wagon. Un prisonnier était là avec un wagonnet,
un cheval et une carriole, et nous devions remplir ce wagonnet de cailloux
et ils étaient utilisés pour fabriquer du béton, des remblais ou
des poteaux en béton pour le camp de concentration. Et rien que la pelle
à elle seule était trop lourde pour que je puisse la porter. Mais je parvenais à y placer quelques
cailloux mais les cailloux étaient trempés. Alors, à chaque fois que j'essayais de
lancer une pelletée de cailloux par-dessus ma tête, j'étais trempé jusqu'aux os. L'eau
ruisselait sur moi. Et la température était déjà glaciale. Et les
gens mouraient. Partout où je posais les yeux, une ou deux personnes
s'effondraient. Je veux dire, c'était affreux. Alors mon
frère m'a dit, "Ce n'était pas une si brillante idée que ça de sauver ta vie.
Nous n'aurions souffert peut-être que cinq minutes et ç'aurait
été fini tout ça. Nous serions allés avec le groupe qu'ils ont
emmené aux fours crématoires. Nous n'aurions pas eu à subir tout
ça." Et j'ai dû convenir qu'il avait raison. J'ai dit, "Tu as raison. Peut-être
cela aurait-il mieux valu que nous ayons laissé les choses
se faire." Quoi qu'il en soit, j'ai travaillé dans la carrière de cailloux pendant près de dix
jours. Et si j'avais dû y travailler deux jours de plus, j'y
serais resté. D'abord, les chaussures, les bottes qu'ils vous donnaient
c'était des galoches en bois et en toile. Si on restait dans l'eau,
elles étaient trempées. En une demi-heure, elles étaient si trempées
que nos pieds s'engourdissaient au point que nous ne les sentions plus. C'était comme si nous
portions des échasses.

Lorsque nous avons commencé à travailler, l'enfer s'est ouvert devant nous. Nous étions dans une
carrière de cailloux, elle était plus basse que nous. Les
cailloux étaient tout en bas et nous devions lancer des pelletées de cailloux par-dessus
nos têtes, dans un wagon. Un prisonnier était là avec un wagonnet,
un cheval et une carriole, et nous devions remplir ce wagonnet de cailloux
et ils étaient utilisés pour fabriquer du béton, des remblais ou
des poteaux en béton pour le camp de concentration. Et rien que la pelle
à elle seule était trop lourde pour que je puisse la porter. Mais je parvenais à y placer quelques
cailloux mais les cailloux étaient trempés. Alors, à chaque fois que j'essayais de
lancer une pelletée de cailloux par-dessus ma tête, j'étais trempé jusqu'aux os. L'eau
ruisselait sur moi. Et la température était déjà glaciale. Et les
gens mouraient. Partout où je posais les yeux, une ou deux personnes
s'effondraient. Je veux dire, c'était affreux. Alors mon
frère m'a dit, "Ce n'était pas une si brillante idée que ça de sauver ta vie.
Nous n'aurions souffert peut-être que cinq minutes et ç'aurait
été fini tout ça. Nous serions allés avec le groupe qu'ils ont
emmené aux fours crématoires. Nous n'aurions pas eu à subir tout
ça." Et j'ai dû convenir qu'il avait raison. J'ai dit, "Tu as raison. Peut-être
cela aurait-il mieux valu que nous ayons laissé les choses
se faire." Quoi qu'il en soit, j'ai travaillé dans la carrière de cailloux pendant près de dix
jours. Et si j'avais dû y travailler deux jours de plus, j'y
serais resté. D'abord, les chaussures, les bottes qu'ils vous donnaient
c'était des galoches en bois et en toile. Si on restait dans l'eau,
elles étaient trempées. En une demi-heure, elles étaient si trempées
que nos pieds s'engourdissaient au point que nous ne les sentions plus. C'était comme si nous
portions des échasses.

Les Allemands envahirent la Pologne en septembre 1939. Lorsque Makow fut occupée, Sam s'enfuit vers le territoire soviétique. Il retourna à Makow pour faire des provisions mais fut contraint de rester dans le ghetto. En 1942, il fut déporté à Auschwitz. A mesure que l'armée soviétique avançait en 1944, Sam et d'autres prisonniers furent envoyés dans des camps en Allemagne. Les détenus firent partie d'une marche vers la mort en 1945. Les forces américaines libérèrent Sam après qu'il se fut échappé pendant un bombardement aérien.

— Jewish Community Federation of Richmond

Copyright © United States Holocaust Memorial Museum, Washington, DC
Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France