
Miriam Lewent
1926, Zamosc, Pologne
Décrit les conditions de vie en Sibérie [Témoignage: 1989]
Il y avait ces maisons en bois où
vivaient leurs prisonniers, alors ils les ont emmenés quelque part et il nous ont
donné ces maisons. Et, bien sûr, nous devions couper notre bois pour
chauffer la maison, qui était une maison -- une grande pièce où deux
familles vivaient. Alors nous avions construit, contre le mur,
des bancs, vous voyez, d'un mur à l'autre, et nous dormions les uns contre
les autres. D'abord, nous nous tenions chaud et ça nous faisait gagner de la place parce qu'il
n'y avait pas d'espace et nous faisions fondre de la neige
pour cuisiner. Cuisiner, je veux dire, si on avait une livre de
grains de blé, on les pilait pour en faire de la farine, et
on faisait bouillir de l'eau. Alors il fallait en faire beaucoup... je veux dire nous
étions une vingtaine de personnes et tout le monde devait en avoir une cuillerée, alors
ça devenait épais et, vous voyez, rien qu'en la regardant, ça devenait
de plus en plus épais, enfin, on l'espérait. Si on n'ajoutait pas d'eau, ça
s'épaississait et chacun, vous voyez, en prenait une cuillerée et
mangeait. Et c'est ce qui nous a permis de tenir avec
l'espoir qu'un jour, vous savez, que la guerre se terminerait et que nous
retournerions en Pologne.
Il y avait ces maisons en bois où
vivaient leurs prisonniers, alors ils les ont emmenés quelque part et il nous ont
donné ces maisons. Et, bien sûr, nous devions couper notre bois pour
chauffer la maison, qui était une maison -- une grande pièce où deux
familles vivaient. Alors nous avions construit, contre le mur,
des bancs, vous voyez, d'un mur à l'autre, et nous dormions les uns contre
les autres. D'abord, nous nous tenions chaud et ça nous faisait gagner de la place parce qu'il
n'y avait pas d'espace et nous faisions fondre de la neige
pour cuisiner. Cuisiner, je veux dire, si on avait une livre de
grains de blé, on les pilait pour en faire de la farine, et
on faisait bouillir de l'eau. Alors il fallait en faire beaucoup... je veux dire nous
étions une vingtaine de personnes et tout le monde devait en avoir une cuillerée, alors
ça devenait épais et, vous voyez, rien qu'en la regardant, ça devenait
de plus en plus épais, enfin, on l'espérait. Si on n'ajoutait pas d'eau, ça
s'épaississait et chacun, vous voyez, en prenait une cuillerée et
mangeait. Et c'est ce qui nous a permis de tenir avec
l'espoir qu'un jour, vous savez, que la guerre se terminerait et que nous
retournerions en Pologne.
Miriam et sa famille partirent de chez elles lorsque les Allemands envahirent la Pologne en 1939. Elles furent internées par les forces soviétiques puis déportées en Sibérie. Près de la ville de Tomsk, Miriam coupait des arbres pour gagner ses rations alimentaires. Lorsque l'Union Soviétique entra en guerre contre l'Allemagne en juin 1941, les Soviétiques libérèrent Miriam et sa famille. Pour payer le billet de train qui les ramèneraient en Pologne, elles vendirent les rations de la Croix Rouge qui leur avaient été données mais la plupart des membres de la famille choisit de s'installer au Kazakhstan pendant le reste de la guerre. Là-bas, son père enseignait l'hébreu aux enfants juifs.
US Holocaust Memorial Museum - Collections
La fuite hors de l'Europe occupée »