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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Gross-Rosen — Témoignage video

Bella Jakubowicz Tovey
1926, Sosnowiec, Pologne

Décrit les réflexions antisémites qu'on lui fit alors qu'elle entrait dans le camp de Graeben [Témoignage: 1990]

Transcription complète:

On m'avait envoyée dans une usine. On y
filait du lin. C'était, j'en suis sure, pour confectionner des uniformes ou
des vêtements. J'ai quelques souvenirs. Je me souviens que nous marchions
dans la rue quand nous avons été mis dans des wagons et envoyés en
Allemagne et, ensuite, nous avons dû traverser à pied un petit village pour
arriver à Graeben où se situait le camp, et, bien sûr, nous marchions sur la
chaussée, jamais sur les trottoirs. Et les Allemands bordaient les
rues et nous observaient, et ce dont je me souviens, c'est qu'ils étaient
surpris. Nous sortions de chez nous alors nous
portions encore nos vêtements, nous ne portions pas l'uniforme de la prison, et
on nous avait choisis sur notre allure, si vous préférez, sur notre belle dentition, sur
une certaine capacité physique, et certaines parmi nous
étaient de jolies jeunes filles et femmes. Nous étions
âgées à cette époque, j'avais seize ans, certaines en avaient
dix-sept, dix-huit. Certaines femmes avaient une vingtaine
d'années, et certaines étaient vraiment très jolies. Et l'une des choses dont
je me souviens, c'était leur étonnement.Les Allemands étaient
débout sur les trottoirs et ils disaient, "Ce sont des juives ?
Elles sont si jolies. Elles ont l'air si normal.""

On m'avait envoyée dans une usine. On y
filait du lin. C'était, j'en suis sure, pour confectionner des uniformes ou
des vêtements. J'ai quelques souvenirs. Je me souviens que nous marchions
dans la rue quand nous avons été mis dans des wagons et envoyés en
Allemagne et, ensuite, nous avons dû traverser à pied un petit village pour
arriver à Graeben où se situait le camp, et, bien sûr, nous marchions sur la
chaussée, jamais sur les trottoirs. Et les Allemands bordaient les
rues et nous observaient, et ce dont je me souviens, c'est qu'ils étaient
surpris. Nous sortions de chez nous alors nous
portions encore nos vêtements, nous ne portions pas l'uniforme de la prison, et
on nous avait choisis sur notre allure, si vous préférez, sur notre belle dentition, sur
une certaine capacité physique, et certaines parmi nous
étaient de jolies jeunes filles et femmes. Nous étions
âgées à cette époque, j'avais seize ans, certaines en avaient
dix-sept, dix-huit. Certaines femmes avaient une vingtaine
d'années, et certaines étaient vraiment très jolies. Et l'une des choses dont
je me souviens, c'était leur étonnement.Les Allemands étaient
débout sur les trottoirs et ils disaient, "Ce sont des juives ?
Elles sont si jolies. Elles ont l'air si normal.""

Bella était l'aînée des quatre enfants d'une famille juive de Sosnowiec. Son père possédait une fabrique de tricots. Après l'invasion de la Pologne en 1939, les Allemands confisquèrent l'usine. Les meubles de la famille furent donnés à une allemande. Bella fut obligée de travailler dans une usine du ghetto de Sosnowiec en 1941. A la fin de l'année 1942, la famille fut déportée dans le ghetto de Bedzin. Bella fut déportée à Graeben, camp annexe de Gross-Rosen en 1943 puis à Bergen-Belsen en 1944. Elle fut libérée en avril 1945.

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Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France