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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Amsterdam — Témoignage video

Barbara Ledermann Rodbell
1925, Berlin, Allemagne

Décrit sa réaction devant les écoles juives d'Amsterdam sous contrôle Nazi [Témoignage: 1990]

Transcription complète:

Il y a eu une réunion et on nous a dit que les enfants juifs devaient désormais
quitter l'école et fréquenter une école juive, et
être séparés des autres. Et je suis allée voir mes
parents et j'ai dit, "Je ne veux pas aller dans une école juive.
Je n'irai pas dans une école juive. Je n'irai pas dans une école
juive." Et je m'imagine mes enfants venir me dire,
"Je n'irai pas dans cette école." Vous savez, je ne peux pas imaginer le
choc. J'étais impossible. J'étais vraiment impossible. Je
devais être très rebelle en bien des points, mais je n'irais pas à
l'école. Ma soeur y est allée. Elle est allée dans une école juive. Et c'était très
effrayant parce que les Allemands ont commencé à isoler
les Juifs en plusieurs groupes. Je veux dire,
dès le début, mais plus tard, ils allaient
chercher les enfants à l'école et faisaient venir leurs parents pour
les récupérer et, évidemment, ils gardaient les parents et c'était la fin,
vous voyez. Certains étaient renvoyés chez eux si
leurs parents avaient les papiers qu'il fallait, une sorte de
dérogation. Mais à chaque fois que j'entendais que
les Allemands, ou la 'police kaki',ou les collaborateurs
hollandais Nazis -- ceux du NSB [membres du mouvement Nazi
Hollandais, le Nationaal Socialistische Beweging ; NSB], on les
appelait ceux du NSB -- se dirigeaient vers l'école, je
me précipitais vers cette école et, finalement, après que Manfred soit
devenu mon ami, il m'a dit, "La seule chose à faire quand les Allemands vont
quelque part, c'est de ne pas y aller." Vous savez, je veux dire, j'étais stupide, mais
la plupart d'entre nous l'était, parce que nous savions comment
nous sauver, et nous devions nous sauver, et qu'il fallait
être prudents. Il fallait apprendre à avoir peur.

Il y a eu une réunion et on nous a dit que les enfants juifs devaient désormais
quitter l'école et fréquenter une école juive, et
être séparés des autres. Et je suis allée voir mes
parents et j'ai dit, "Je ne veux pas aller dans une école juive.
Je n'irai pas dans une école juive. Je n'irai pas dans une école
juive." Et je m'imagine mes enfants venir me dire,
"Je n'irai pas dans cette école." Vous savez, je ne peux pas imaginer le
choc. J'étais impossible. J'étais vraiment impossible. Je
devais être très rebelle en bien des points, mais je n'irais pas à
l'école. Ma soeur y est allée. Elle est allée dans une école juive. Et c'était très
effrayant parce que les Allemands ont commencé à isoler
les Juifs en plusieurs groupes. Je veux dire,
dès le début, mais plus tard, ils allaient
chercher les enfants à l'école et faisaient venir leurs parents pour
les récupérer et, évidemment, ils gardaient les parents et c'était la fin,
vous voyez. Certains étaient renvoyés chez eux si
leurs parents avaient les papiers qu'il fallait, une sorte de
dérogation. Mais à chaque fois que j'entendais que
les Allemands, ou la 'police kaki',ou les collaborateurs
hollandais Nazis -- ceux du NSB [membres du mouvement Nazi
Hollandais, le Nationaal Socialistische Beweging ; NSB], on les
appelait ceux du NSB -- se dirigeaient vers l'école, je
me précipitais vers cette école et, finalement, après que Manfred soit
devenu mon ami, il m'a dit, "La seule chose à faire quand les Allemands vont
quelque part, c'est de ne pas y aller." Vous savez, je veux dire, j'étais stupide, mais
la plupart d'entre nous l'était, parce que nous savions comment
nous sauver, et nous devions nous sauver, et qu'il fallait
être prudents. Il fallait apprendre à avoir peur.

En 1933, la famille de Barbara partit s'installer à Amsterdam, aux Pays-Bas. Ils devinrent amis avec Anne Frank et sa famille. Les Allemands envahirent les Pays-Bas en 1940. Le petit ami de Barbara, Manfred, avait des contacts dans la résistance et put lui faire obtenir des faux papiers. Sa mère, sa soeur et son père furent déportés dans le camp de Westerbork puis à Auschwitz. Barbara survécut en utilisant ses faux papiers et travailla pour la résistance. Elle aida les Juifs à se cacher et en cacha certains dans un appartement qu'elle avait loué sous son nom d'emprunt.

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Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France