United States Holocaust Memorial Museum The Power of Truth: 20 Years
Museum   Education   Research   History   Remembrance   Genocide   Support   Connect
Donate
Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

France — Témoignage video

Ernest Koenig
1917, Vienne, Autriche

Décrit les conditions de vie dans le camp de Drancy en France [Témoignage: 1991]

Transcription complète:

On nous a mis dans des salles pleines de paille pourrie. C'était pourri. C'était humide et pourri, et nous attendions, et, bien sûr, très anxieux et préoccupés de savoir ce qui allait se passer. C'était déjà une situation morbide, vous voyez, sous la paille pourrie et avec des enfants et des gens âgés et le désemparement complet, total et le manque total de... nous ne savions pas ce qui allait arriver, nous arriver, mais nous savions bien sûr que nous étions entre les mains des Allemands, et la nuit, nous entendions parfois des coups de feu de l'autre côté du camp. Nous ne savions pas ce que c'était. Je me souviens être allé vers les barbelés et avoir vu, essayé de voir si je pouvais sortir mais c'était hors de question, puis, au bout de trois ou quatre jours, on nous a ordonné de descendre. Nous étions à l'étage, je me souviens. Nous avons dû descendre sur la plate-forme, et sur la plate-forme se trouvaient déjà les SS et, avec leur légendaire politesse, hurlant et frappant, et ils nous ont engouffrés dans les wagons.

On nous a mis dans des salles pleines de paille pourrie. C'était pourri. C'était humide et pourri, et nous attendions, et, bien sûr, très anxieux et préoccupés de savoir ce qui allait se passer. C'était déjà une situation morbide, vous voyez, sous la paille pourrie et avec des enfants et des gens âgés et le désemparement complet, total et le manque total de... nous ne savions pas ce qui allait arriver, nous arriver, mais nous savions bien sûr que nous étions entre les mains des Allemands, et la nuit, nous entendions parfois des coups de feu de l'autre côté du camp. Nous ne savions pas ce que c'était. Je me souviens être allé vers les barbelés et avoir vu, essayé de voir si je pouvais sortir mais c'était hors de question, puis, au bout de trois ou quatre jours, on nous a ordonné de descendre. Nous étions à l'étage, je me souviens. Nous avons dû descendre sur la plate-forme, et sur la plate-forme se trouvaient déjà les SS et, avec leur légendaire politesse, hurlant et frappant, et ils nous ont engouffrés dans les wagons.

Ernest étudia à Paris, en France, jusqu'en février 1939 où il repartit pour Brno, en Tchécoslovaquie. Les Allemands occupèrent la région peu après mais Ernest parvint à revenir en France. Il rejoignit une unité tchèque de l'armée française, d'octobre 1939 à la chute de la France en mai 1940. Il parcourut la France libre où il fut enseignant pendant quelques temps. Il se rendit à Grenoble et enseigna encore, mais il fut arrêté parce qu'il ne disposait pas des papiers nécessaires. Ernest fut interné dans le camp de Le Vernet pendant deux ans. Il fut ensuite déporté dans le camp de Drancy pour être transféré en Haute Silésie en septembre 1942, puis à Laurahuette (un camp annexe d'Auschwitz où les travailleurs peinaient dans les mines et les hauts fourneaux). Il resta à Laurahuette jusqu'en août 1943, où il fut envoyé à Blechhammer, un autre camp annexe d'Auschwitz. Après la libération, Ernest partit pour les Etats-Unis.

— US Holocaust Memorial Museum - Collections

Copyright © United States Holocaust Memorial Museum, Washington, DC
Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France