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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

La "Solution finale" — Témoignage video

Ruth Webber
1935, Ostrowiec, Pologne

Décrit les fours crématoires d'Auschwitz [Témoignage: 1992]

Transcription complète:

Je ne sais pas, comme j'étais enfant j'ai accepté les choses commes elles se présentaient, parce je ne pouvais rien y faire si ce n'est aller de l'avant, survivre. Pour une raison ou une autre, le plus important était de survivre. C'est ce que tout le monde disait: "Nous devons survivre et dire au monde ce qui se passe." Je veux dire, si c'était pour cette seule raison, seulement, parce que c'était tout bonnement incroyable. Et cette idée de sortir de la fumée est devenue une réalité, parce que les gens arrivaient, un convoi arrivait, rempli de gens, et ils allaient dans un certain sens, puis ils disparaissaient. Ils ne revenaient jamais. Alors on réalise que quelque chose leur est arrivé, et en voyant les cheminées fumer en permanence, en particulier après qu'un convoi soit arrivé -- même à mon âge, deux et deux faisaient quatre et on réalise que oui, c'est bien là que vous allez, derrière cette barrière où est pendue une couverture et les arbres qui cachent quelque chose là, derrière, où vous allez aller et dont vous ne sortirez pas. Ce qui s'est passé exactement ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est qu'on sort par la cheminée. Et pendant que les fours crématoires fonctionnaient, ça laissait un goût tellement sucré dans la bouche que cela vous coupe l'appétit. Pendant ces moments, je peux dire en toute franchise qu'il y a des jours où je n'avais pas faim tellement j'étais dégoûtée.

Je ne sais pas, comme j'étais enfant j'ai accepté les choses commes elles se présentaient, parce je ne pouvais rien y faire si ce n'est aller de l'avant, survivre. Pour une raison ou une autre, le plus important était de survivre. C'est ce que tout le monde disait: "Nous devons survivre et dire au monde ce qui se passe." Je veux dire, si c'était pour cette seule raison, seulement, parce que c'était tout bonnement incroyable. Et cette idée de sortir de la fumée est devenue une réalité, parce que les gens arrivaient, un convoi arrivait, rempli de gens, et ils allaient dans un certain sens, puis ils disparaissaient. Ils ne revenaient jamais. Alors on réalise que quelque chose leur est arrivé, et en voyant les cheminées fumer en permanence, en particulier après qu'un convoi soit arrivé -- même à mon âge, deux et deux faisaient quatre et on réalise que oui, c'est bien là que vous allez, derrière cette barrière où est pendue une couverture et les arbres qui cachent quelque chose là, derrière, où vous allez aller et dont vous ne sortirez pas. Ce qui s'est passé exactement ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est qu'on sort par la cheminée. Et pendant que les fours crématoires fonctionnaient, ça laissait un goût tellement sucré dans la bouche que cela vous coupe l'appétit. Pendant ces moments, je peux dire en toute franchise qu'il y a des jours où je n'avais pas faim tellement j'étais dégoûtée.

Ruth avait quatre ans lorsque les Allemands envahirent la Pologne et occupèrent Ostrowiec. Sa famille fut conduite dans un ghetto. Les Allemands confisquèrent le magasin de photographie de son père, bien qu'il lui fut permis de continuer à travailler à l'extérieur du ghetto. Avant que le ghetto soit rasé, les parents de Ruth envoyèrent sa soeur se cacher et parvinrent à trouver du travail dans un camp à l'extérieur du ghetto. Ruth partit se cacher elle aussi, dans les bois tout proches ou à l'intérieur même du camp. Lorsque le camp fut rasé, les parents de Ruth furent séparés. Ruth fut envoyée dans plusieurs camps de concentration avant d'être déportée à Auschwitz. Après la guerre, Ruth séjourna dans un orphelinat de Cracovie jusqu'à ce qu'elle retrouve sa mère.

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Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France