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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Gurs — Témoignage video

Beatrice Stern Pappenheimer
1932, Lauterbach, Allemagne

Décrit la lutte entre les prisonniers pour obtenir leurs maigres rations de nourriture dans le camp de Gurs [Témoignage: 1990]

Transcription complète:

Chaque jour, ils lançaient une miche de pain dans le baraquement, ils
la jetaient. Les femmes se ruaient sur cette miche de pain.
Au départ, ce n'était pas si grave, mais quand on a de plus en
plus faim, les choses empirent. Et la
raison pour laquelle je dis ça, c'est que d'habitude, l'une de nous
divisait cette miche de pain, et elle n'était pas grosse. C'était une
miche normale, comme ça. Mais la partager entre, mettons,
vingt-cinq ou trente personnes, ce n'était pas facile, d'autant moins que je
n'ai jamais vu de couteaux, de fourchettes ni de cuillers. Alors, une personne était désignée
et elle essayait de peser le pain de son mieux pour que
chacun ait la même part. Ca ne marchait pas toujours parce
que c'était très difficile à faire. Alors, si quelqu'un en avait
un petit peu plus, les autres femmes lui sautaient dessus
et il y avait des bagarres terribles. Ces femmes qui avaient été
des dames devenaient presque bestiales, juste pour un petit
morceau de pain supplémentaire, mais ils nous faisaient mourir de faim, et quand on a aussi
faim, ça fait mal et on ferait tout ou presque, tout pour obtenir
juste un peu de pain en plus.

Chaque jour, ils lançaient une miche de pain dans le baraquement, ils
la jetaient. Les femmes se ruaient sur cette miche de pain.
Au départ, ce n'était pas si grave, mais quand on a de plus en
plus faim, les choses empirent. Et la
raison pour laquelle je dis ça, c'est que d'habitude, l'une de nous
divisait cette miche de pain, et elle n'était pas grosse. C'était une
miche normale, comme ça. Mais la partager entre, mettons,
vingt-cinq ou trente personnes, ce n'était pas facile, d'autant moins que je
n'ai jamais vu de couteaux, de fourchettes ni de cuillers. Alors, une personne était désignée
et elle essayait de peser le pain de son mieux pour que
chacun ait la même part. Ca ne marchait pas toujours parce
que c'était très difficile à faire. Alors, si quelqu'un en avait
un petit peu plus, les autres femmes lui sautaient dessus
et il y avait des bagarres terribles. Ces femmes qui avaient été
des dames devenaient presque bestiales, juste pour un petit
morceau de pain supplémentaire, mais ils nous faisaient mourir de faim, et quand on a aussi
faim, ça fait mal et on ferait tout ou presque, tout pour obtenir
juste un peu de pain en plus.

La famille de Béatrice perdit son entreprise de textiles et sa maison lorsque les Nazis empêchèrent les Juifs de posséder des biens. La famille fut déportée dans plusieurs camps. Béatrice, sa soeur et sa mère furent envoyées à Gurs. L'Oeuvre de Secours aux Enfants (OSE) plaça ensuite les jeunes filles dans des foyers et des couvents où, bien que terrifiées par les bombardements des Alliés, elles échappèrent aux horreurs des camps. Leurs parents moururent.

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Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France