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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Témoignage video

Tom Veres
1923, Budapest, Hongrie

Décrit comment Wallenberg a sauvé des membres de la légation suédoise [Témoignage: 1992]

Transcription complète:

C'était une nuit de neige, et une nuit, la Croix Fléchée est arrivée et
toute la légation a été emmenée au siège de la Croix Fléchée. Dans
l'appartement de l'un de ceux de la Croix Fléchée. Alors, j'ai su que la fin était
proche. Et j'avais de faux papiers sur moi. Je vous l'ai dit
je n'avais pas confiance en eux. C'était pour la Croix Rouge.
Et ils avaient une belle reliure rouge -- c'étaient de très beaux papiers. Ils
indiquaient que je travaillais pour la Croix Rouge. Et sur le chemin qui m'emmenait
vers la maison de la Croix Fléchée, je les ai mangés. Ils avaient un goût atroce, certes, mais je
les ai mangés morceau par morceau (rire). Et je ne voulais pas qu'on les trouve
sur moi. Et, il y avait énormément de gens. Tous ceux de
la légation étaient emmenés. Ca faisait du monde. Ne me demandez
pas combien, plus d'une centaine. Alors, quand nous sommes
arrivés dans l'un des bâtiments, ils ont voulu nous mettre à la cave, j'ai entendu les
Croix Fléchées s'interpeller les uns les autres, "Tu n'as qu'à les entasser les uns sur les autres.
Ils vont mourir de toute façon." Et ils ne les ont pas mis
là parce qu'il n'y avait pas de place. Alors ils nous ont
emmenés dans leur maison et ils ont commencé à... ils ont adoré mes bottes tout de suite
(rire). J'ai trouvé un client; ils ont dit, "Ce sont les miennes." Et nous
nous tenions près du mur, les mains en l'air, et il y avait un vieux
monsieur, tout petit, qui avait toujours l'air [interrogateur]... c'était une charmante
personne mais il posait toujours des questions. Et tandis que nous nous tenions
près de ce mur, prêts à partir pour le Danube pour, vous savez, il m'a
demandé, "Mr. Veres, savez-vous par où on va vers le Danube?" Alors,
je crois que je n'avais perdu mon sens de l'humour. Je lui ai répondu, "Dès que les
tirs commenceront, c'est qu'on sera arrivés." Et l'instant d'après,
un camion plein de policiers hongrois est arrivé avec, [Raoul]
Wallenberg en tête. Ce que les Croix Fléchées n'ont pas
remarqué, c'est qu'il y avait une prise
téléphonique sur le plancher. C'était la pièce du standard, et la standardiste,
qui était la fille du chef de service,
avait appelé Wallenberg, lui avait parlé et il avait récupéré un camion bourré
de policiers hongrois. Et ils sont arrivés en camion. Puis ils
sont entrés et il a dit ça, "Ce sont mes protégés. Vous n'avez pas le droit d'y
toucher," et il a sorti tout le monde.

C'était une nuit de neige, et une nuit, la Croix Fléchée est arrivée et
toute la légation a été emmenée au siège de la Croix Fléchée. Dans
l'appartement de l'un de ceux de la Croix Fléchée. Alors, j'ai su que la fin était
proche. Et j'avais de faux papiers sur moi. Je vous l'ai dit
je n'avais pas confiance en eux. C'était pour la Croix Rouge.
Et ils avaient une belle reliure rouge -- c'étaient de très beaux papiers. Ils
indiquaient que je travaillais pour la Croix Rouge. Et sur le chemin qui m'emmenait
vers la maison de la Croix Fléchée, je les ai mangés. Ils avaient un goût atroce, certes, mais je
les ai mangés morceau par morceau (rire). Et je ne voulais pas qu'on les trouve
sur moi. Et, il y avait énormément de gens. Tous ceux de
la légation étaient emmenés. Ca faisait du monde. Ne me demandez
pas combien, plus d'une centaine. Alors, quand nous sommes
arrivés dans l'un des bâtiments, ils ont voulu nous mettre à la cave, j'ai entendu les
Croix Fléchées s'interpeller les uns les autres, "Tu n'as qu'à les entasser les uns sur les autres.
Ils vont mourir de toute façon." Et ils ne les ont pas mis
là parce qu'il n'y avait pas de place. Alors ils nous ont
emmenés dans leur maison et ils ont commencé à... ils ont adoré mes bottes tout de suite
(rire). J'ai trouvé un client; ils ont dit, "Ce sont les miennes." Et nous
nous tenions près du mur, les mains en l'air, et il y avait un vieux
monsieur, tout petit, qui avait toujours l'air [interrogateur]... c'était une charmante
personne mais il posait toujours des questions. Et tandis que nous nous tenions
près de ce mur, prêts à partir pour le Danube pour, vous savez, il m'a
demandé, "Mr. Veres, savez-vous par où on va vers le Danube?" Alors,
je crois que je n'avais perdu mon sens de l'humour. Je lui ai répondu, "Dès que les
tirs commenceront, c'est qu'on sera arrivés." Et l'instant d'après,
un camion plein de policiers hongrois est arrivé avec, [Raoul]
Wallenberg en tête. Ce que les Croix Fléchées n'ont pas
remarqué, c'est qu'il y avait une prise
téléphonique sur le plancher. C'était la pièce du standard, et la standardiste,
qui était la fille du chef de service,
avait appelé Wallenberg, lui avait parlé et il avait récupéré un camion bourré
de policiers hongrois. Et ils sont arrivés en camion. Puis ils
sont entrés et il a dit ça, "Ce sont mes protégés. Vous n'avez pas le droit d'y
toucher," et il a sorti tout le monde.

Après que les Allemands eurent occupé la Hongrie en 1944, Tom fut envoyé dans des camps de travail et des usines. Il s'enfuit quelques mois plus tard et décida de contacter la légation suédoise, où il rencontra Raoul Wallenberg en octobre 1944. Tom resta à Budapest et, utilisant ses compétences en matière de photographie, il participa activement aux tentatives de Wallenberg pour sauver les Juifs de Budapest. Il fit des copies des laissez-passer de complaisance (Schutzpaesse) et prit des photographies à cet effet et se fit le témoin documentaire des déportations.

— US Holocaust Memorial Museum - Collections

Copyright © United States Holocaust Memorial Museum, Washington, DC
Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France