
Thomas Buergenthal
1934, Lubochna, Tchécoslovaquie
Décrit la libération du camp de Sachsenhausen [Témoignage: 1990]
Ce camp devait être rasé et les gens avaient été mis en rang pour sortir du camp. Nous ne pouvions vraiment pas marcher, et les gens qui se trouvaient dans la section de l'hôpital étaient abandonnés, et nous avons supposé qu' ils allaient venir et les tuer tous dans leurs lits. Et c'était extrêmement, je me souviens du jour où tout le monde s'est mis en rang, tout est devenu très calme et on n'entendait rien, seulement... Et nous avons attendu, en supposant qu'à tout moment ils allaient entrer. Rien ne s'est passé. Et de tous ceux des baraquements, j'étais celui qui pouvait le mieux se déplacer. J'avais alors une béquille et je pouvais me déplacer sur une jambe. Et enfin, je suis sorti voir, parce que tout ce silence... Et derrière la mitrailleuse près de la barrière qui surplombait l'espèce de place dans le camp, il n'y avait personne, pour la première fois. Et les Allemands étaient partis. Alors, à ce moment-là, on a entendu le fracas de l'artillerie, en bruit de fond. Il n'y avait plus âme qui vive. Rien n'est arrivé pendant un moment, sauf que, vous voyez, nous nous sommes rendus compte que peut-être nous allions vivre. Les tirs se sont rapprochés. Et puis, les barrières se sont ouvertes brusquement et, les troupes russes sont entrées. Et ils se sont mis à faire sonner la cloche du camp pour nous dire que nous étions libres.
Ce camp devait être rasé et les gens avaient été mis en rang pour sortir du camp. Nous ne pouvions vraiment pas marcher, et les gens qui se trouvaient dans la section de l'hôpital étaient abandonnés, et nous avons supposé qu' ils allaient venir et les tuer tous dans leurs lits. Et c'était extrêmement, je me souviens du jour où tout le monde s'est mis en rang, tout est devenu très calme et on n'entendait rien, seulement... Et nous avons attendu, en supposant qu'à tout moment ils allaient entrer. Rien ne s'est passé. Et de tous ceux des baraquements, j'étais celui qui pouvait le mieux se déplacer. J'avais alors une béquille et je pouvais me déplacer sur une jambe. Et enfin, je suis sorti voir, parce que tout ce silence... Et derrière la mitrailleuse près de la barrière qui surplombait l'espèce de place dans le camp, il n'y avait personne, pour la première fois. Et les Allemands étaient partis. Alors, à ce moment-là, on a entendu le fracas de l'artillerie, en bruit de fond. Il n'y avait plus âme qui vive. Rien n'est arrivé pendant un moment, sauf que, vous voyez, nous nous sommes rendus compte que peut-être nous allions vivre. Les tirs se sont rapprochés. Et puis, les barrières se sont ouvertes brusquement et, les troupes russes sont entrées. Et ils se sont mis à faire sonner la cloche du camp pour nous dire que nous étions libres.
La famille de Thomas s'installa à Zilina en 1938. Lorsque les Gardes slovaques de la Hlinka accrurent leur persécution des Juifs, la famille décida de partir. Thomas et sa famille finirent par se rendre en Pologne mais l'invasion allemande en septembre 1939 les empêcha de partir vers la Grande-Bretagne. La famille aboutit à Kielce, où un ghetto avait été établi en avril 1941. Lorsque le ghetto de Kielce fut rasé en août 1942, Thomas et sa famille évitèrent les déportations vers Treblinka qui avaient lieu ce même mois. A la place, ils furent envoyés dans un camp de travaux forcés. Ses parents et lui furent déportés à Auschwitz en août 1944. A mesure que les troupes soviétiques avançaient en janvier 1945, Thomas et d'autres prisonniers firent partie d'une marche vers la mort au départ d'Auschwitz. Il fut envoyé au camp de Sachsenhausen en Allemagne. Après la libération de Sachsenhausen par les Soviétiques en avril 1945, Thomas fut placé dans un orphelinat. Des proches le localisèrent et il retrouva sa mère à Goettingen. Il s'installa aux Etats-Unis en 1951.
US Holocaust Memorial Museum - Collections