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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Témoignage video

Siegfried Halbreich
1909, Pologne

Décrit le traitement des prisonniers dans le camp de Sachsenhausen [Témoignage: 1992]

Transcription complète:

Au départ, ils ne nous traitaient pas particulièrement mal, mais comme il n'y avait pas de travail, ils devaient faire quelque chose de nous, alors, le matin, après avoir pris notre café -- ils appelaient ça du café, en fait c'était de l'eau chaude et noire -- on nous amenait devant les baraquements et nous devions nous accroupir, et il faut sa souvenir que c'était déjà l'hiver, on était en novembre, il faisait très froid et nous ne pouvions pas bouger. Quand ils remarquaient que quelqu'un voulait changer de position, passer d'une jambe sur l'autre ou autrement, ils allaient vers lui et le battaient, il y avait des morts, aussi, quelquefois. Nous étions assis, certains mettaient quelquefois la main sur un sac de ciment vide et le mettaient sous leur chemise, dans le dos, histoire d'avoir un peu plus chaud, de se protéger, de se protéger du froid. Mais quand ils s'en apercevaient, ils les tuaient. Et, bien sûr, dans ces conditions, debout ici ou assis là dans la même position du matin jusqu'à midi, nos mains, nos doigts étaient gelés, les orteils, et les gens mouraient, gelés à en mourir. Et le lendemain matin, quand le SS venait au rapport, il ne demandait jamais "Combien de gens ?" Il demandait d'abord, "Combien de morts ?"

Au départ, ils ne nous traitaient pas particulièrement mal, mais comme il n'y avait pas de travail, ils devaient faire quelque chose de nous, alors, le matin, après avoir pris notre café -- ils appelaient ça du café, en fait c'était de l'eau chaude et noire -- on nous amenait devant les baraquements et nous devions nous accroupir, et il faut sa souvenir que c'était déjà l'hiver, on était en novembre, il faisait très froid et nous ne pouvions pas bouger. Quand ils remarquaient que quelqu'un voulait changer de position, passer d'une jambe sur l'autre ou autrement, ils allaient vers lui et le battaient, il y avait des morts, aussi, quelquefois. Nous étions assis, certains mettaient quelquefois la main sur un sac de ciment vide et le mettaient sous leur chemise, dans le dos, histoire d'avoir un peu plus chaud, de se protéger, de se protéger du froid. Mais quand ils s'en apercevaient, ils les tuaient. Et, bien sûr, dans ces conditions, debout ici ou assis là dans la même position du matin jusqu'à midi, nos mains, nos doigts étaient gelés, les orteils, et les gens mouraient, gelés à en mourir. Et le lendemain matin, quand le SS venait au rapport, il ne demandait jamais "Combien de gens ?" Il demandait d'abord, "Combien de morts ?"

Après que l'Allemagne eut envahi la Pologne le 1er septembre 1939, Siegfried s'enfuit avec un ami. Ils tentèrent d'obtenir des papiers qui leur permettraient de se rendre en France, mais ils furent livrés aux Allemands. Siegfried fut emprisonné, emmené à Berlin, puis transféré dans le camp de Sachsenhausen près de Berlin en octobre 1939. Il fit partie des premiers Juifs polonais à être emprisonnés à Sachsenhausen. Les détenus y étaient maltraités et affectés aux travaux forcés. Au bout de deux ans, Siegfried fut déporté au camp de concentration de Gross-Rosen où il dut travailler dans une carrière de pierre. En octobre 1942, Siegfried fut déporté de Gross-Rosen vers Auschwitz, dans la Pologne occupée. Là-bas, Siegfried essaya de mettre à profit son expérience de pharmacien pour sauver des prisonniers malades. A mesure que les forces soviétiques marchaient vers le camp d'Auschwitz en janvier 1945, Siegfried fut emmené dans une marche vers la mort au départ du camp. Les prisonniers qui ne pouvaient plus continuer furent tués. Siegfried survécut.

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