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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Témoignage video

Sandor (Shony) Alex Braun
1930, Cristuru-Secuiesc, Roumanie

Décrit les obligations du Sonderkommando à Auschwitz [Témoignage: 1990]

Transcription complète:

Mon travail ou plutôt notre travail dans le Sonderkommando consistait à faire le tour du
camp et à ramasser les cadavres ou les corps presque sans vie, puis de les mettre dans un
wagonnet et de les pousser vers les crématorium où un autre groupe,
d'autres Sonderkommandos, prendraient le relais et les déverseraient
dans le four. Certains de ces gens étaient loin d'être
morts. Ils étaient juste faibles, très malades ou deshydratés ou
à cause de la faim ils n'avaient plus assez de forces pour
se tenir debout, alors ils tombaient. A présent on les abandonnait là et on nous
envoyait les chercher, comme je l'ai dit, pour les mettre dans un wagonnet et les pousser
dans le crématorium. Une fois, je suis allé voir un Kapo et
j'ai dit, "Cet homme n'est pas mort." J'ai reçu une terrible gifle
au visage, si terrible que j'en suis tombé, j'étais un petit garçon
alors. Il a dit, "Tu n'es pas censé penser ni dire quoi que ce soit
parce que ton boulot, c'est de le prendre, de le mettre dans ce wagonnet et de le
pousser jusque dans le crématorium, comme on te l'a dit." A partir de là,
je ne pouvais rien faire.

Mon travail ou plutôt notre travail dans le Sonderkommando consistait à faire le tour du
camp et à ramasser les cadavres ou les corps presque sans vie, puis de les mettre dans un
wagonnet et de les pousser vers les crématorium où un autre groupe,
d'autres Sonderkommandos, prendraient le relais et les déverseraient
dans le four. Certains de ces gens étaient loin d'être
morts. Ils étaient juste faibles, très malades ou deshydratés ou
à cause de la faim ils n'avaient plus assez de forces pour
se tenir debout, alors ils tombaient. A présent on les abandonnait là et on nous
envoyait les chercher, comme je l'ai dit, pour les mettre dans un wagonnet et les pousser
dans le crématorium. Une fois, je suis allé voir un Kapo et
j'ai dit, "Cet homme n'est pas mort." J'ai reçu une terrible gifle
au visage, si terrible que j'en suis tombé, j'étais un petit garçon
alors. Il a dit, "Tu n'es pas censé penser ni dire quoi que ce soit
parce que ton boulot, c'est de le prendre, de le mettre dans ce wagonnet et de le
pousser jusque dans le crématorium, comme on te l'a dit." A partir de là,
je ne pouvais rien faire.

La ville où vivait Shony fut occupée par le Hongrie en 1940 puis par les Allemands en 1944. En mai 1944, Shony fut déporté à Auschwitz et contraint de travailler dans un Sonderkommando, transportant les cadavres vers le crématorium où ils seraient incinérés. Pour retrouver son père, Shony parvint à échanger sa place avec un autre prisonnier. Cet échange lui sauva la vie ; les autres membres du Sonderkommando furent abattus. Shony fut transféré au camp de Natzweiler puis à Dachau, et fut libéré par les troupes américaines en avril 1945.

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Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France