
Norbert J. Yasharoff
1930, Sofia, Bulgarie
Décrit le procès et la condamnation d'un homme juif accusé à tort de crimes économiques [Témoignage: 1989]
Le gouvernement bulgare avait intenté un procès à un industriel juif,
le seul qui avait été autorisé à continuer de travailler après la promulgation de la loi anti-
juive, comme gérant de l'usine qui lui avait été confisquée,
une usine textile, et il avait été soudain convoqué devant les juges, accusé
d'avoir commis des crimes économiques. C'était des accusations inventées de toutes pièces. Mon
père, qui avait été son avocat pendant de très nombreuses années a commencé
à défendre son dossier. Pour tous les
Juifs qui suivaient le procès et qui savaient ce que signifiait une accusation de
crime économique et ce qu'elle entraînait, il était évident que la vie de cet
homme ne serait pas épargnée. Mais mon père
a déployé tout son talent juridique dans l'espoir
que par une défense efficace, il pourrait le sauver.
Mais il n'a pas réussi. Et non seulement a-t-il été condamné à mort,
mais mon père a été... je veux dire, le client a été condamné à mort
et mon père a été obligé d'assister à son exécution par
pendaison. Et je n'oublierai jamais cet homme ni le visage qu'il portait lorsqu'il
est revenu de cette exécution cet après-midi-là. Je ne lui avais jamais
vu un visage aussi décomposé... totalement, totalement décomposé et il se
reprochait de n'avoir pas fait ce qu'il fallait alors que tout le monde savait que
ça n'avait été qu'un spectacle. Les Bulgares avaient
certainement quelque chose à prouver aux Allemands comme à la populace,
que les Juifs étaient des exploiteurs économiques et
des criminels qui malgré toutes les lois qui étaient promulguées à leur encontre
étaient encore enclins à commettre des crimes.
Le gouvernement bulgare avait intenté un procès à un industriel juif,
le seul qui avait été autorisé à continuer de travailler après la promulgation de la loi anti-
juive, comme gérant de l'usine qui lui avait été confisquée,
une usine textile, et il avait été soudain convoqué devant les juges, accusé
d'avoir commis des crimes économiques. C'était des accusations inventées de toutes pièces. Mon
père, qui avait été son avocat pendant de très nombreuses années a commencé
à défendre son dossier. Pour tous les
Juifs qui suivaient le procès et qui savaient ce que signifiait une accusation de
crime économique et ce qu'elle entraînait, il était évident que la vie de cet
homme ne serait pas épargnée. Mais mon père
a déployé tout son talent juridique dans l'espoir
que par une défense efficace, il pourrait le sauver.
Mais il n'a pas réussi. Et non seulement a-t-il été condamné à mort,
mais mon père a été... je veux dire, le client a été condamné à mort
et mon père a été obligé d'assister à son exécution par
pendaison. Et je n'oublierai jamais cet homme ni le visage qu'il portait lorsqu'il
est revenu de cette exécution cet après-midi-là. Je ne lui avais jamais
vu un visage aussi décomposé... totalement, totalement décomposé et il se
reprochait de n'avoir pas fait ce qu'il fallait alors que tout le monde savait que
ça n'avait été qu'un spectacle. Les Bulgares avaient
certainement quelque chose à prouver aux Allemands comme à la populace,
que les Juifs étaient des exploiteurs économiques et
des criminels qui malgré toutes les lois qui étaient promulguées à leur encontre
étaient encore enclins à commettre des crimes.
Des mesures anti-juives furent promulguées en Bulgarie après le début de la Seconde Guerre Mondiale. En mars 1941, la Bulgarie rejoignit l'alliance de l'Axe et les troupes allemandes dévastèrent Sofia. En mai 1943, Norbert et sa famille furent expulsés vers Plevin, au nord de la Bulgarie, où ils séjournèrent chez des proches. Après l'avancée de l'armée soviétique en 1944, Norbert et sa famille retournèrent à Sofia.
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