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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Témoignage video

Miriam Lewent
1926, Zamosc, Pologne

Décrit la déportation vers un village près de Tomsk, en Sibérie [Témoignage: 1989]

Transcription complète:

Nous sommes arrivés du côté russe, et nous avions eu du mal parce que nous
étions une famille nombreuse. Nous n'avions pas de nourriture, rien. Alors, nous avons essayé
de retourner dans notre maison qui était désormais du côté allemand. A cette époque, les
russes nous avaient pris... il y avait beaucoup de gens comme moi. Ils nous avaient tous emmenés
et engouffrés dans des trains, pas des trains de
voyageurs, et ils nous avaient emmenés en Sibérie. Des milliers de gens, vous voyez.
[Le journaliste : Parlez-moi du voyage. Décrivez le train et le
voyage.] Nous vivions de façon particulière à cette époque,
nous attendions de rentrer chez nous, dans un temple... beaucoup de familles, environ
vingt familles vivaient dans un petit temple en attendant d'obtenir un passeport
pour rentrer chez elles, au milieu de la
nuit, l'armée russe est arrivée et ils ont commencé à réveiller
tout le monde et ils ont dit "debout, debout, debout," et ils nous ont simplement emmenés
dans des camions, puis dans des trains et nous y avons été enfermés,
et ce fut tout jusqu'à ce que les trains commencent à rouler le lendemain matin.
Nous avons roulé pendant six semaines, et nous traversions, vous voyez, chaque steppe de
la campagne russe. Nous étions en automne, un peu
plus froid, quand tout à coup, nous sommes arrivés en Sibérie et
le train était en bout de course. C'est ça. Parce que, pendant ce temps-là, nous
étions si nombreux et les sanitaires étaient si malsains.
Il n'y avait pas de place pour aller aux toilettes ni rien et nos
trois enfants étaient malades... ma nièce, la fille de ma
soeur, à cette époque, elle avait environ trois ans, elle est tombée
malade elle aussi. Elle faisait partie de ces trois enfants, et au moment où nous nous sommes
arrêtés, deux enfants étaient morts dans le train et la fille de ma
soeur, ma nièce, ils l'on emmenée dans un hôpital. Nous ne pouvions pas
aller où que ce soit parce que nous attendions cette enfant. Alors on nous a laissées près de
Tomsk en Sibérie, et nous avons travaillé là et on nous donnait
des rations, du pain et... [Le journaliste : Quel genre de travail faisiez-
vous ?] Je coupais des arbres. Ceux qui ne
travaillaient pas n'avaient pas leur ration de quatre cents grammes de pain. Alors,
bien sûr, même si j'étais jeune, je devais aller travailler pour
avoir ma ration, comment dit-on ? Ration, ration de
pain. Alors, je suis allée travailler dans les taigas, vous savez, dans les bois, et
nous abattions des arbres, vous voyez, à la main, nous abattions des arbres, nous les
mettions ensemble et c'est ainsi que nous gagnions notre pain et notre eau.

Nous sommes arrivés du côté russe, et nous avions eu du mal parce que nous
étions une famille nombreuse. Nous n'avions pas de nourriture, rien. Alors, nous avons essayé
de retourner dans notre maison qui était désormais du côté allemand. A cette époque, les
russes nous avaient pris... il y avait beaucoup de gens comme moi. Ils nous avaient tous emmenés
et engouffrés dans des trains, pas des trains de
voyageurs, et ils nous avaient emmenés en Sibérie. Des milliers de gens, vous voyez.
[Le journaliste : Parlez-moi du voyage. Décrivez le train et le
voyage.] Nous vivions de façon particulière à cette époque,
nous attendions de rentrer chez nous, dans un temple... beaucoup de familles, environ
vingt familles vivaient dans un petit temple en attendant d'obtenir un passeport
pour rentrer chez elles, au milieu de la
nuit, l'armée russe est arrivée et ils ont commencé à réveiller
tout le monde et ils ont dit "debout, debout, debout," et ils nous ont simplement emmenés
dans des camions, puis dans des trains et nous y avons été enfermés,
et ce fut tout jusqu'à ce que les trains commencent à rouler le lendemain matin.
Nous avons roulé pendant six semaines, et nous traversions, vous voyez, chaque steppe de
la campagne russe. Nous étions en automne, un peu
plus froid, quand tout à coup, nous sommes arrivés en Sibérie et
le train était en bout de course. C'est ça. Parce que, pendant ce temps-là, nous
étions si nombreux et les sanitaires étaient si malsains.
Il n'y avait pas de place pour aller aux toilettes ni rien et nos
trois enfants étaient malades... ma nièce, la fille de ma
soeur, à cette époque, elle avait environ trois ans, elle est tombée
malade elle aussi. Elle faisait partie de ces trois enfants, et au moment où nous nous sommes
arrêtés, deux enfants étaient morts dans le train et la fille de ma
soeur, ma nièce, ils l'on emmenée dans un hôpital. Nous ne pouvions pas
aller où que ce soit parce que nous attendions cette enfant. Alors on nous a laissées près de
Tomsk en Sibérie, et nous avons travaillé là et on nous donnait
des rations, du pain et... [Le journaliste : Quel genre de travail faisiez-
vous ?] Je coupais des arbres. Ceux qui ne
travaillaient pas n'avaient pas leur ration de quatre cents grammes de pain. Alors,
bien sûr, même si j'étais jeune, je devais aller travailler pour
avoir ma ration, comment dit-on ? Ration, ration de
pain. Alors, je suis allée travailler dans les taigas, vous savez, dans les bois, et
nous abattions des arbres, vous voyez, à la main, nous abattions des arbres, nous les
mettions ensemble et c'est ainsi que nous gagnions notre pain et notre eau.

Miriam et sa famille partirent de chez elles lorsque les Allemands envahirent la Pologne en 1939. Elles furent internées par les forces soviétiques puis déportées en Sibérie. Près de la ville de Tomsk, Miriam coupait des arbres pour gagner ses rations alimentaires. Lorsque l'Union Soviétique entra en guerre contre l'Allemagne en juin 1941, les Soviétiques libérèrent Miriam et sa famille. Pour payer le billet de train qui les ramèneraient en Pologne, elles vendirent les rations de la Croix Rouge qui leur avaient été données mais la plupart des membres de la famille choisit de s'installer au Kazakhstan pendant le reste de la guerre. Là-bas, son père enseignait l'hébreu aux enfants juifs.

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Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France