
Joseph Stanley Wardzala
1923, Smigno, Pologne
Décrit le badge que les Polonais devaient porter dans les camps de travaux forcés en Allemagne [Témoignage: 1990]
Chacun de nous, quand nous sommes arrivés en Allemagne, avait un morceau de tissu. La compagnie prenait tellement de gens, des hommes ou des femmes, ou des femmes seules, des hommes seuls, et chaque Polonais, comme moi, on nous donnait un petit morceau de tissu, de dix ou quinze centimètres carrés portant l'inscription "nom/P", et on devait le porter du côté droit de la veste, et sur la chemise, et on devait le coudre soi-même et le porter tout le temps. Si on le portait pas, on était frappés très dur, très fort. Et ce "P" signifiait Polonais, et je fus l'un des deux millions de citoyens polonais qu'on envoya de force en Allemagne, dans un camp de travail forcé.
Chacun de nous, quand nous sommes arrivés en Allemagne, avait un morceau de tissu. La compagnie prenait tellement de gens, des hommes ou des femmes, ou des femmes seules, des hommes seuls, et chaque Polonais, comme moi, on nous donnait un petit morceau de tissu, de dix ou quinze centimètres carrés portant l'inscription "nom/P", et on devait le porter du côté droit de la veste, et sur la chemise, et on devait le coudre soi-même et le porter tout le temps. Si on le portait pas, on était frappés très dur, très fort. Et ce "P" signifiait Polonais, et je fus l'un des deux millions de citoyens polonais qu'on envoya de force en Allemagne, dans un camp de travail forcé.
Joseph et sa famille étaient catholiques. Après l'invasion de la Pologne en 1939, les rafles de Polonais en vue de leur envoi aux travaux forcés en Allemagne commencèrent. Joseph échappa aux arrestations par deux fois mais, la troisième, en 1941, il fut déporté dans un camp de travaux forcés à Hanovre, en Allemagne. Pendant plus de quatre ans, il fut obligé de travailler à la construction d'abris anti-aériens en béton. Dès sa libération par les forces américaines en 1945, le camp de travaux forcés fut transformé en un camp pour personnes déplacées. Joseph y séjourna jusqu'à ce qu'il obtienne un visa pour les Etats-Unis, en 1950.
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