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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Témoignage video

Joseph Maier
1911, Leipzig, Allemagne

Décrit Hermann Goering à Nuremberg [Témoignage: 1992]

Transcription complète:

Comme je l'ai déjà dit, le seul à avoir reconnu, à cette occasion,
sa responsabilité pour des actes qui avaient répondu à un ordre portant
sa signature fut Goering. Mais lui aussi était un subordonné et ce
qui a trahi cet être inférieur... ce qui a trahi
et perdu cet être inférieur
fut son comportement et son attidue envers ; je ne sais pas si je l'ai
déjà dit, envers les Quatre Grands. Envers les Français,
les plus faibles des Alliés, il était, condescendant, voire
méprisant. Envers les Américains, il essayait de nous impressionner,
comme le type qui deviendrait le bon copain des
Américains, arrogants, qui s'abreuvaient de films hollywoodiens.
Envers les Anglais, qui étaient précis, froids, convenables, il essayait
de se forger une personnalité de gentleman parce qu'il les respectait. Mais
lorsqu'il a vu un Russe, il a grimacé. A la minute où un officier russe
est entré dans la salle d'interrogatoire, il a grimacé et a eu un léger mouvement de recul. Il
ne savait que rien ne pourrait impressionner un Russe. Il avait une peur bleue
de tous les Russes et, en particulier, de chacun des Russes qui entrait dans la salle, la
salle d'interrogatoire.

Comme je l'ai déjà dit, le seul à avoir reconnu, à cette occasion,
sa responsabilité pour des actes qui avaient répondu à un ordre portant
sa signature fut Goering. Mais lui aussi était un subordonné et ce
qui a trahi cet être inférieur... ce qui a trahi
et perdu cet être inférieur
fut son comportement et son attidue envers ; je ne sais pas si je l'ai
déjà dit, envers les Quatre Grands. Envers les Français,
les plus faibles des Alliés, il était, condescendant, voire
méprisant. Envers les Américains, il essayait de nous impressionner,
comme le type qui deviendrait le bon copain des
Américains, arrogants, qui s'abreuvaient de films hollywoodiens.
Envers les Anglais, qui étaient précis, froids, convenables, il essayait
de se forger une personnalité de gentleman parce qu'il les respectait. Mais
lorsqu'il a vu un Russe, il a grimacé. A la minute où un officier russe
est entré dans la salle d'interrogatoire, il a grimacé et a eu un léger mouvement de recul. Il
ne savait que rien ne pourrait impressionner un Russe. Il avait une peur bleue
de tous les Russes et, en particulier, de chacun des Russes qui entrait dans la salle, la
salle d'interrogatoire.

Joseph émigra aux Etats-Unis en 1933 après avoir terminé ses études à l'Université de Leipzig. Ses parents et son frère avaient déjà quitté l'Allemagne pour les Etats-Unis. Joseph fréquenta l'Université de Columbia. De 1940 à 1943, il fut rédacteur en chef adjoint d'un quotidient juif allemand de New York. En 1944, il travailla à l'ambassade des Etats-Unis en Grande-Bretagne en tant qu'analyste de propagande. Il se rendit à Nuremberg, en Allemagne, pour y être interprète en 1946. Il analysa des documents et des retranscriptions et participa à de nombreux interrogatoires qui allaient être utilisés pendant les procès de Nuremberg.

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