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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Témoignage video

Hanne Hirsch Liebmann
1924, Karlsruhe, Allemagne

Décrit une visite à l'Œuvre de Secours aux Enfants (OSE) et la vie à Le Chambon-sur-Lignon [Témoignage: 1990]

Transcription complète:

Une assistante sociale de l'OSE [Oeuvre de Secours aux Enfants] est venue
voir ma mère et lui a expliqué qu'il existait un village Le
Chambon qui cherchait à aider les jeunes, à les sortir du
camp et elle avait accepté de me laisser partir. Et ma mère m'a demandé
si je voulais y aller, et j'ai répondu, "Bien sûr." Et elle ne m'a jamais
dit, "Mais tu vas me manquer. Je ne veux pas que tu partes" ni
ce genre de choses. Elle m'a laissée partir. Elle m'aimait suffisamment pour me laisser
partir. Parce que certains parents ne voulaient pas. Vous ne me croyez pas ?
Si. Il y avait des parents qui ne laissaient pas leurs enfants partir. Aussi
incroyable que cela puisse paraître, ils les retenaient. Ma mère m'a laissée partir,
avec six autres jeunes, des adolescents, nous sommes
partis au début du mois de septembre 1944 pour Le Chambon. Et Le Chambon
était, bien sûr, un havre de paix. Nous étions libres. Nous vivions dans une maison, précaire
certes, mais c'était une maison. La nourriture évidemment était bien
meilleure. En fait, au début, nous ne pouvions pas manger tout le pain
qu'on nous donnait. A présent nous avions d'énormes quantités de pain, mais
c'était plus que nous n'en pouvions manger. Et nous les grillions très
fort et nous faisions des petits paquets que nous envoyions au camp parce que nous
nous demandions sans cesse ce qui se passait dans le camp. Alors, nous tous, nous
fabriquions des petits paquets et nous les leur envoyions.

Une assistante sociale de l'OSE [Oeuvre de Secours aux Enfants] est venue
voir ma mère et lui a expliqué qu'il existait un village Le
Chambon qui cherchait à aider les jeunes, à les sortir du
camp et elle avait accepté de me laisser partir. Et ma mère m'a demandé
si je voulais y aller, et j'ai répondu, "Bien sûr." Et elle ne m'a jamais
dit, "Mais tu vas me manquer. Je ne veux pas que tu partes" ni
ce genre de choses. Elle m'a laissée partir. Elle m'aimait suffisamment pour me laisser
partir. Parce que certains parents ne voulaient pas. Vous ne me croyez pas ?
Si. Il y avait des parents qui ne laissaient pas leurs enfants partir. Aussi
incroyable que cela puisse paraître, ils les retenaient. Ma mère m'a laissée partir,
avec six autres jeunes, des adolescents, nous sommes
partis au début du mois de septembre 1944 pour Le Chambon. Et Le Chambon
était, bien sûr, un havre de paix. Nous étions libres. Nous vivions dans une maison, précaire
certes, mais c'était une maison. La nourriture évidemment était bien
meilleure. En fait, au début, nous ne pouvions pas manger tout le pain
qu'on nous donnait. A présent nous avions d'énormes quantités de pain, mais
c'était plus que nous n'en pouvions manger. Et nous les grillions très
fort et nous faisions des petits paquets que nous envoyions au camp parce que nous
nous demandions sans cesse ce qui se passait dans le camp. Alors, nous tous, nous
fabriquions des petits paquets et nous les leur envoyions.

La famille de Hanne dirigeait un studio de photographie. En octobre 1940, avec d'autres membres de sa famille, elle fut déportée dans le camp de Gurs, dans le Sud de la France. En septembre 1941, l'Oeuvre de Secours aux Enfants (OSE) sauva Hanne et la cacha dans un foyer pour enfants à Le Chambon-sur-Lignon. Sa mère mourut à Auschwitz. En 1943, Hanne obtint de faux papiers et passa en Suisse. Elle se maria à Genève en 1945 et eut une fille en 1946. En 1948, elle arriva aux Etats-Unis.

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Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France