United States Holocaust Memorial Museum The Power of Truth: 20 Years
Museum   Education   Research   History   Remembrance   Genocide   Support   Connect
Donate
Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Témoignage video

Flory (Floritza) Jagoda
1923, Sarajevo, Yougoslavie

Décrit les mesures anti-juives qui ont suivi l'occupation de Zagreb [Témoignage: 1995]

Transcription complète:

Puis l'année 41, et la guerre a commencé, et tout s'est effondré. Chaque jour était un nouveau jour de nouvelles souffrances, et de nouvelles peurs, et de nouvelles déceptions, et nous attendions que quelque chose de terrible se produise, chaque jour. La première chose qui m'a réellement abattue c'était lorsque nous allions à l'école, le professeur se levait et disait, "Pinto, Abuhari, Stein, Schiller, Cabeelio, partez et ne revenez pas." On vous jetait dehors à coup de pieds, alors vous ne pouviez plus revenir à l'école. Alors, le second jour, on vous convoquait à un endroit, et ils vous mettaient des badges jaunes, des pièces en tissu, aussi, avec un "Z", qui signifiait "Zidov", ça voulait dire"Juif". Alors, tout le monde devait apporter ses radios. Je veux dire, tous les jours avait son lot de peurs. Alors arrivait le mercredi, mon jour de musique -- la musique -- et c'était le jour pour lequel je vivais parce mes leçons étaient toujours faites par Edat. Et j'arrivais devant sa porte, elle l'ouvrait, et là, il y avait deux soldats allemands au fond qui lui rendaient visite? C'était déjà en 41. Les Allemands étaient arrivés et occupaient Zagreb. Elle m'a vue, elle a vu mon "Z" et son sang s'est glacé. Elle a dit, "Floritza, je ne peux plus te donner de leçons. Ne reviens plus." Et ce fut dur, ce fut dur. Et j'ai tourné les talons et moi et mon harmonica, mon ami, sommes rentrés le coeur brisé à la maison, le coeur brisé.

Puis l'année 41, et la guerre a commencé, et tout s'est effondré. Chaque jour était un nouveau jour de nouvelles souffrances, et de nouvelles peurs, et de nouvelles déceptions, et nous attendions que quelque chose de terrible se produise, chaque jour. La première chose qui m'a réellement abattue c'était lorsque nous allions à l'école, le professeur se levait et disait, "Pinto, Abuhari, Stein, Schiller, Cabeelio, partez et ne revenez pas." On vous jetait dehors à coup de pieds, alors vous ne pouviez plus revenir à l'école. Alors, le second jour, on vous convoquait à un endroit, et ils vous mettaient des badges jaunes, des pièces en tissu, aussi, avec un "Z", qui signifiait "Zidov", ça voulait dire"Juif". Alors, tout le monde devait apporter ses radios. Je veux dire, tous les jours avait son lot de peurs. Alors arrivait le mercredi, mon jour de musique -- la musique -- et c'était le jour pour lequel je vivais parce mes leçons étaient toujours faites par Edat. Et j'arrivais devant sa porte, elle l'ouvrait, et là, il y avait deux soldats allemands au fond qui lui rendaient visite? C'était déjà en 41. Les Allemands étaient arrivés et occupaient Zagreb. Elle m'a vue, elle a vu mon "Z" et son sang s'est glacé. Elle a dit, "Floritza, je ne peux plus te donner de leçons. Ne reviens plus." Et ce fut dur, ce fut dur. Et j'ai tourné les talons et moi et mon harmonica, mon ami, sommes rentrés le coeur brisé à la maison, le coeur brisé.

Flory naquit au sein d'une famille juive sépharade. Lorsque Flory était petite fille, sa mère partit s'installer à Zagreb avec son beau-père ; Flory les rejoignit après avoir vécu deux ans avec sa grand-mère. A Zagreb, Flory prenait des cours de musique et apprenait à jouer de l'accordéon. L'Allemagne et ses alliés envahirent la Yougoslavie en avril 1941, divisant le pays et instaurant le régime fasciste des Oustachi (nationalistes croates pro-Allemands) en Croatie. Le régime des Oustachi imposa rapidement des mesures anti-juive à Zagreb ; Flory ne fut plus autorisée à fréquenter l'école et les Juifs furent contraints de porter un badge les identifiant comme Juifs. La famille de Flory quitta Zagreb, trouvant refuge dans les zones occupées par les Italiens, puis dans le sud de l'Italie. Les Alliés envahirent l'Italie en 1943. Après le cessez-le-feu italien de septembre 1943, Flory trouva un emploi au sein des forces américaines en poste à Bari, au sud-est de l'Italie. En juin 1945, après la guerre, Flory épousa un sergent américain, Harry Jagoda. Ils s'installèrent aux Etats-Unis.

— US Holocaust Memorial Museum - Collections

Copyright © United States Holocaust Memorial Museum, Washington, DC
Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France