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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Témoignage video

David (Dudi) Bergman
1931, Velikiye-Bychkov, Tchécoslovaquie

Se souvient de l'importance du travail pour survivre dans le camp de travail de Plaszow [Témoignage: 1990]

Transcription complète:

L'une des choses qu'on m'a dites, c'était que survivre, c'était
pouvoir travailler. Si on pouvait travailler, on avait l'espoir de survivre. Si on
ne pouvait pas travailler, c'en était fait. Alors, mentalement, j'ai dû me convaincre que
j'étais un adulte et que je pouvais travailler, et je voulais
survivre. Alors, quand nous sommes arrivés, j'étais encore avec mon père.
Et, l'une des premières choses qu'ils ont faites, c'est de demander
qui avait des commerces. Ils sélectionnaient
d'abord les groupes de travail. Puis ils retournait avec les autres, s'ils
ne convenaient pas au travail, au camp d'extermination.
Alors, mon père a été sorti du groupe comme
tailleur. Puis ils ont dit, "Maçons. Qui est maçon ?" J'ai
levé la main. "Je suis maçon." Je n'avais jamais posé une brique ni une pierre
de toute ma vie. Je n'en avais même jamais touché. Mais j'étais dans le camp, je
voyais comment les gens posaient les briques et les pierres, comment ils mélangeaient le
ciment, alors je me suis dit, "Bon, ça, je peux le faire." Ils ont dit, "D'accord.
Mets-toi dans la ligne." Et ils m'ont inclus au groupe de travail.
A leurs yeux, j'étais un maçon professionnel.

L'une des choses qu'on m'a dites, c'était que survivre, c'était
pouvoir travailler. Si on pouvait travailler, on avait l'espoir de survivre. Si on
ne pouvait pas travailler, c'en était fait. Alors, mentalement, j'ai dû me convaincre que
j'étais un adulte et que je pouvais travailler, et je voulais
survivre. Alors, quand nous sommes arrivés, j'étais encore avec mon père.
Et, l'une des premières choses qu'ils ont faites, c'est de demander
qui avait des commerces. Ils sélectionnaient
d'abord les groupes de travail. Puis ils retournait avec les autres, s'ils
ne convenaient pas au travail, au camp d'extermination.
Alors, mon père a été sorti du groupe comme
tailleur. Puis ils ont dit, "Maçons. Qui est maçon ?" J'ai
levé la main. "Je suis maçon." Je n'avais jamais posé une brique ni une pierre
de toute ma vie. Je n'en avais même jamais touché. Mais j'étais dans le camp, je
voyais comment les gens posaient les briques et les pierres, comment ils mélangeaient le
ciment, alors je me suis dit, "Bon, ça, je peux le faire." Ils ont dit, "D'accord.
Mets-toi dans la ligne." Et ils m'ont inclus au groupe de travail.
A leurs yeux, j'étais un maçon professionnel.

Les Allemands occupèrent la ville de David, précédemment annexée par la Hongrie, en 1944. David fut déporté à Auschwitz et, avec son père, transféré à Plaszow. David fut envoyé dans le camp de Gross-Rosen et à Reichenbach (Langenbielau). Il fit partie des trois seuls survivants sur les cent cinquante personnes convoyées dans des wagons à bestiaux vers Dachau. Il fut libéré après une marche vers la mort au départ d'Innsbruck vers la ligne de front du combat qui opposait les troupes américaines aux troupes allemandes.

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Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France