United States Holocaust Memorial Museum The Power of Truth: 20 Years
Museum   Education   Research   History   Remembrance   Genocide   Support   Connect
Donate
Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

Témoignage video

Beatrice Stern Pappenheimer
1932, Lauterbach, Allemagne

Se souvient avoir quitté Gurs et reçu l'aide de l'OSE [Témoignage: 1990]

Transcription complète:

Un jour, ma mère m'a emmené quelque part où il y avait d'autres
enfants et un camion, puis on nous a fait monter dans ce camion. J'ai
dit au revoir à ma mère, sans même me rendre compte que c'était
la dernière fois que je la voyais. Nous nous sommes dit au revoir et le camion
est sorti du camp. Il faisait grand jour. Il y avait cette
organisation appelée l'OSE, Oeuvre de Secours [aux] Enfants et
ils sortaient autant d'enfants qu'ils le pouvaient des
camps de concentration. Ils avaient des foyers dans le Sud de la
France. J'en ai fréquenté quatorze. Et ces foyers, c'était
comme des châteaux ou de grandes demeures et nous étions peut-être une
centaine, cent cinquante, deux cents enfants dans un seul de ces
foyers. Ils essayaient de nous apprendre le français et nous donnaient
des prénoms français, des prénoms comme par exemple je
m'appelais Beata et je suis devenue Béatrice. Nous n'avions pas
beaucoup fréquenté l'école. Nous étions très occupés à essayer
de faire pousser des légumes qu'ils nous arrivait de manger. Quelquefois, nous allions
dans ces endroits, ils n'avaient même plus assez de lits ni de meubles, alors les
garçons fabriquaient des meubles et nous, les filles, nous cultivions la
terre afin d'avoir de quoi manger. Ils essayaient de
nous apprendre à survivre dans la forêt. Les herbes,
les graines que nous pouvions manger, parce que, souvent, nous n'avions pas assez de
légumes, alors nous mangions ce que nous trouvions dans la nature. Nous
bougions tout le temps.

Un jour, ma mère m'a emmené quelque part où il y avait d'autres
enfants et un camion, puis on nous a fait monter dans ce camion. J'ai
dit au revoir à ma mère, sans même me rendre compte que c'était
la dernière fois que je la voyais. Nous nous sommes dit au revoir et le camion
est sorti du camp. Il faisait grand jour. Il y avait cette
organisation appelée l'OSE, Oeuvre de Secours [aux] Enfants et
ils sortaient autant d'enfants qu'ils le pouvaient des
camps de concentration. Ils avaient des foyers dans le Sud de la
France. J'en ai fréquenté quatorze. Et ces foyers, c'était
comme des châteaux ou de grandes demeures et nous étions peut-être une
centaine, cent cinquante, deux cents enfants dans un seul de ces
foyers. Ils essayaient de nous apprendre le français et nous donnaient
des prénoms français, des prénoms comme par exemple je
m'appelais Beata et je suis devenue Béatrice. Nous n'avions pas
beaucoup fréquenté l'école. Nous étions très occupés à essayer
de faire pousser des légumes qu'ils nous arrivait de manger. Quelquefois, nous allions
dans ces endroits, ils n'avaient même plus assez de lits ni de meubles, alors les
garçons fabriquaient des meubles et nous, les filles, nous cultivions la
terre afin d'avoir de quoi manger. Ils essayaient de
nous apprendre à survivre dans la forêt. Les herbes,
les graines que nous pouvions manger, parce que, souvent, nous n'avions pas assez de
légumes, alors nous mangions ce que nous trouvions dans la nature. Nous
bougions tout le temps.

La famille de Béatrice perdit son entreprise de textiles et sa maison lorsque les Nazis empêchèrent les Juifs de posséder des biens. La famille fut déportée dans plusieurs camps. Béatrice, sa soeur et sa mère furent envoyées à Gurs. L'Oeuvre de Secours aux Enfants (OSE) plaça ensuite les jeunes filles dans des foyers et des couvents où, bien que terrifiées par les bombardements des Alliés, elles échappèrent aux horreurs des camps. Leurs parents moururent.

— US Holocaust Memorial Museum - Collections

Copyright © United States Holocaust Memorial Museum, Washington, DC
Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France