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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

L'aide apportée par des Juifs

Enfants juifs réfugiés, faisant partie d’un transport d’enfants (Kindertransport) venant de Vienne, Autriche, arrivant à Harwich. Grande-Bretagne, 12 décembre 1938.

Enfants juifs réfugiés, faisant partie d’un transport d’enfants (Kindertransport) venant de Vienne, Autriche, arrivant à Harwich. Grande-Bretagne, 12 décembre 1938.

— Wide World Photo

Pendant la Shoah, des Juifs individuellement ainsi que des organisations juives tentèrent de porter secours aux membres de la communauté. Beaucoup de ces efforts n'auraient eu qu'un succès limité sans l'aide de nombreux sympathisants non-juifs.

LE SAUVETAGE DES ENFANTS
 
Des actions organisées pour sauver les enfants commencèrent avant même le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. L'Aliyah des jeunes (un mouvement créé pour l'envoi des enfants juifs d'Allemagne vers la Palestine), sous les auspices de l'Organisation juive à Jérusalem, parvint à faire partir, entre 1933 et 1945, plus de 14 000 enfants sans leurs parents en Palestine et en Grande-Bretagne. En Grande-Bretagne, un groupe rassemblant diverses organisations, connu sous le nom de Mouvement de secours aux enfants (Movement for the Care of Children), organisa entre décembre 1938 et septembre 1939 le voyage et l'accueil de plus de 10 000 enfants réfugiés juifs d'Europe centrale. Comme ces enfants voyageaient sans leurs parents, l'opération fut connue sous le nom de "Kindertransport".

En France, trois organisations juives tentèrent d'organiser le sauvetage. La plus connue fut l'Œuvre de Secours aux Enfants (OSE). Parmi les autres organisations actives dans ce domaine on peut citer les Eclaireurs Israélites de France (mouvement scout juif) et le Mouvement des Jeunesses Sionistes. Œuvrant sur le plan national, les membres de ces groupes utilisaient leurs institutions pour fournir des cachettes aux enfants juifs, en particulier aux jeunes réfugiés étrangers, qui étaient les plus menacés. Ils organisaient également la libération des enfants des camps d'internement et les faisaient passer clandestinement en Suisse ou en Espagne, où ils étaient alors en sécurité. A un niveau local, en France, des actions similaires furent conduites, à Paris, par le Comité de la rue Amelot et par l'organisation communiste juive "Solidarité" ; à Marseille, par le groupe "Service Andres" ; à Nice, par le groupe Maurice Cachoud, qui se spécialisa dans le transport secret des enfants vers la Suisse. Grâce à ces efforts, 12 000 à 15 000 enfants juifs furent sauvés de la déportation.

LA FUITE VIA L'EXTREME-ORIENT
 
La fuite par l'Extrême-Orient offrit la vie sauve à des milliers de réfugiés juifs polonais en Lituanie. Sur une initiative du dirigeant sioniste Zorah Warhaftig, de nombreux réfugiés purent obtenir des visas auprès de Chiune Sugihara, le consul du Japon à Kovno, et grâce à des diplomates néerlandais compatissants. Il devaient ensuite négocier avec les autorités soviétiques pour obtenir leurs visas de sortie. Armés de ces documents, quelque 2 178 réfugiés juifs polonais entrèrent au Japon entre octobre 1940 et août 1941. La plupart d'entre eux fut ensuite envoyée à Shanghai, située en Chine sous occupation japonaise, où il restèrent pendant toute la durée de la guerre.

LES EFFORTS DU YISHUV
 
Le Yishuv (la population juive de Palestine) envoya 37 parachutistes en Europe pour aider les Juifs opprimés par les nazis. Les nazis arrêtèrent et abattirent sept d'entre eux, dont Hannah Szenes (en Hongrie), Haviva Reik (en Slovaquie) et Enzo Sereni (en Allemagne).

Le Yishuv organisa également l'immigration "illégale" vers la Palestine, dans le cadre d'une opération de longue durée connue sous le nom d'Aliyah Bet. Des groupes sionistes, en particulier leurs éléments jeunes, facilitèrent l'émigration à la fois d'individus et de petits groupes à partir de Vienne, Berlin, Prague, Varsovie et d'autres villes. A l'origine, les bateaux de l'Aliyah Bet partaient des ports grecs. Plus tard, le principal itinéraire passait par le Danube, jusqu'à la Mer Noire, et de là, jusqu'à la Méditerranée. Ces voyages, devinrent plus difficiles après le déclenchement de la guerre, se firent sous les auspices de deux organisations politiques rivales en Palestine : les Sionistes travaillistes et les Révisionnistes de droite.

Malgré les dangers, 62 voyages de ce type eurent lieu entre 1937 et 1944. Entre janvier 1939 et décembre 1944, 18 879 Juifs purent atteindre la Palestine par voie maritime. Les historiens disposent également d'une liste de 1 393 voyageurs dont on ne sait pas s'ils ont atteint la Palestine ou s'ils se sont noyés pendant le voyage.

Après la Seconde Guerre mondiale, la Brigade juive et d'anciens partisans organisèrent la Brihah, l'exode massif des survivants vers la Palestine. Le Joint Distribution Committee et l'Agence juive de apportèrent une aide substantielle aux survivants de la Shoah dans les camps de personnes déplacées.

LES RANCONS DEMANDEES AUX JUIFS
 
Il y eut plusieurs tentatives de sauvetage des Juifs en échange d'argent donné aux autorités.

En Slovaquie, le "Groupe de travail", une organisation secrète de sauvetage conduite par la dirigeante sioniste Gisi Fleischmann et le rabbin Michael Dov Weissmandel, offrit de l'argent au capitaine SS Dieter Wisliceny, adjoint d'Eichmann au sein de la section juive de la SS, et chargé de superviser en 1942 la déportation des Juifs slovaques. On ne dispose pas de preuve formelle que les déportations de Slovaquie cessèrent grâce à cet argent, même si cela a peut-être eu une influence sur la décision. Ce qui est par contre sûr, c'est que l'argent donné par le Groupe de travail à des fonctionnaires slovaques permit l'ouverture en 1942 de trois camps de travail forcé de Novaky, Sered et Vyhne pour des Juifs qui risquaient d'être déportés et qui y furent relativement en sécurité. Ainsi, 4 000 Juifs slovaques furent sauvés d'une mort certaine. Dans une stratégie connue sous le nom de "Plan Europe", les membres du Groupe de travail tentèrent également de réunir 2 à 3 millions de dollars auprès des Juifs du monde libre pour payer les nazis afin qu'ils cessent les déportations vers les camps d'extermination.

En Hongrie, le Comité d'aide et de secours de Budapest fut créé en 1941 et s'impliqua dans divers efforts pour sauver des Juifs polonais, slovaques et hongrois. En 1943, ce groupe devint une section reconnue de l'Agence juive pour la Palestine. En mai 1944, suite à l'occupation de la Hongrie par l'Allemagne, ses membres prirent contact avec les officiers SS Adolf Eichmann (l'une des figures centrales de la "Solution finale") et Kurt Becher. On pense qu'Eichmann offrit d'"échanger" un million de Juifs contre des produits dont on ne connaît pas la nature. Bien que cette affaire n'aie jamais été conclue en raison des objections des Alliés, les négociateurs du Comité réussirent finalement à persuader les nazis d'autoriser le départ de Budapest, le 30 juin 1944, d'un convoi de 1 684 Juifs hongrois. Après un court séjour à Bergen-Belsen, ces Juifs purent atteindre la Suisse.

LE SAUVETAGE DES RABBINS
 
En novembre 1939, l'Union des rabbins orthodoxes des Etats- Unis créa le "Va'ad ha-Hatsala" (Comité de sauvetage), une organisation de secours et d'aide dont le but déclaré était de sauver les rabbins européens, les étudiants des yeshiva (écoles rabbiniques) et d'autres Juifs orthodoxes. En 1940-1941, le Va'ad aida à l'émigration d'environ 650 rabbins et étudiants de Lituanie aux Etats-Unis, en Palestine, en Asie centrale et à Shanghai.

En 1942, après la révélation des exterminations en masse des communautés juives d'Europe, le Va'ad s'engagea dans des activités politiques destinées à secourir les Juifs des territoires sous occupation nazie. Quelque 400 rabbins américains participèrent le 6 octobre 1943 à une marche de protestation à Washington. En 1944-1945, le Va'ad, par le biais de ses ramifications en Suisse, en Suède, en Turquie et à Tanger, lança des opérations pour secourir les Juifs. L'une des opérations les plus réussies fut le sauvetage de 1 220 Juifs de Terezin (Theresienstadt). Après des négociations entre le politicien suisse Jean-Marie Musy (soutenu par le Va'ad) et le dirigeant SS Heinrich Himmler, ces prisonniers furent libérés en Suisse en février 1945.

En dépit de ces efforts courageux qui permirent la libération de plusieurs milliers de membres, les associations et groupements juifs de par le monde ne parvinrent pas à sauver les millions de Juifs européens du génocide nazi.

 

Copyright © United States Holocaust Memorial Museum, Washington, DC
Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France