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Encyclopédie multimédia de la Shoah

 

 

 

La police sous le régime nazi

Après qu’Hitler fut devenu chancelier de l’Allemagne, il persuada son cabinet de déclarer l’état d’urgence et de supprimer de nombreuses libertés individuelles. Ici, des policiers fouillent un véhicule à la recherche d’armes. Berlin, Allemagne, 27 février 1933.

Après qu’Hitler fut devenu chancelier de l’Allemagne, il persuada son cabinet de déclarer l’état d’urgence et de supprimer de nombreuses libertés individuelles. Ici, des policiers fouillent un véhicule à la recherche d’armes. Berlin, Allemagne, 27 février 1933.

— National Archives and Records Administration, College Park, Md.

A l'arrivée des Nazis au pouvoir, le 30 janvier 1933, de nombreux policiers étaient perplexes quant au parti et à ses intentions. Les troubles provoqués par les Nazis, notamment dans les dernières années de la République de Weimar, avaient revêtu un caractère subversif et la police avait mené des enquêtes énergiques dans les milieux tant nazis que communistes. Hitler ne se posait pas moins en champion du droit et de l’ordre, proclamant qu’il respecterait les valeurs allemandes traditionnelles. La police et nombre d’autres conservateurs attendaient avec impatience une extension des pouvoirs de maintien de l'ordre promise par un État fort centralisé, et ils voyaient d’un œil favorable la fin promise des intrigues de factions, et acceptaient la fin de la démocratie.

En fait, l’État nazi mit d'emblée la police à l’abri de la critique publique en censurant la presse. L'arrivée d'Hitler au pouvoir vit la fin des batailles de rue par l'emprisonnement des communistes. Les effectifs de la police furent même renforcés par l’incorporation d’organisations paramilitaires nazies dans les rangs des auxiliaires. Les Nazis centralisèrent et financèrent la police pour qu'elle puisse mieux lutter contre les bandes criminelles et assurer la sécurité de l’État. L’État allemand augmenta les effectifs, intensifia la formation et modernisa l’équipement. Les Nazis offrirent aux forces de l'ordre toute latitude en matière d’arrestations, d’incarcérations et de traitement des prisonniers. La police lança des «actions préventives», c’est-à-dire qu'elle procéda à des arrestations sans disposer des preuves requises pour une condamnation au tribunal, en fait, sans le moindre contrôle judiciaire.

Dans un premier temps, les policiers conservateurs furent satisfaits des résultats de leur coopération avec l’État nazi. La criminalité avait effectivement chuté et l’action des bandes criminelles avait pris fin. L’ordre était restauré. Mais il fallut en payer le prix. Le nouveau régime ne consista pas en une restauration de la tradition impériale, mais instaura un Etat raciste. Les Nazis prirent le contrôle des forces de police traditionnelles de la République de Weimar et les transformèrent en un instrument de répression d’État et, par la suite, de génocide.

L’État nazi opéra la fusion de la police avec les SS et le SD, le Service de sécurité (Sicherheitsdienst), deux des organisations nazies les plus extrémistes et les plus engagées sur le plan idéologique. Heinrich Himmler, chef des SS, prit ainsi la tête de toutes les forces de polices allemandes. Son associé, Reinhard Heydrich de la SD, devint en même temps le chef de la police de sécurité (la Sicherheitsdienst), chargée de la protection du régime nazi. L'unification fut achevée en septembre 1939, avec la création du RSHA, le Bureau central pour la sécurité du Reich (Reichssicherheitshauptamt). L’idéologie nazie envahit toutes les activités de la police. Les policiers jouèrent un rôle central, non seulement dans le maintien de l’ordre public, mais également dans le combat contre les soi-disant ennemis raciaux désignés par l’État nazi. Ce fut dans ce contexte qu’une «action de police préventive» revêtit des conséquences aussi effroyables. Ce furent les SS, le SD et la police qui, au premier chef, perpétrèrent l'assassinat des Juifs d'Europe.

 

Copyright © United States Holocaust Memorial Museum, Washington, DC
Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France