
Le camp de Plaszow, ouvert en 1942 sous l’autorité du chef de la SS et de la police de Cracovie, était à l’origine un camp de travaux forcés pour les Juifs. Le site originel du camp comprenait deux cimetières juifs. Il se trouvait dans un faubourg de Cracovie. Les SS entreprirent d’agrandir le camp qui allait atteindre sa taille maximale en 1944, année où il devint camp de concentration. Jusqu’à cette date, la plupart des gardes du camp étaient des auxiliaires de police ukrainiens, sélectionnés parmi les soldats soviétiques des camps de prisonniers de guerre allemands et entraînés au camp de Trawniki, à Lublin.
Plaszow, entouré d’une clôture de barbelé électrique, fut divisé en plusieurs sections. Le camp disposait de baraquements pour le personnel allemand, d’usines, de hangars, d’un camp pour hommes et d’un camp pour femmes, ainsi que d’un «camp d’éducation par le travail» destiné aux travailleurs polonais qui violaient la discipline de corvée. Polonais et Juifs étaient victimes de ségrégation à l’intérieur du camp. Le maximum de prisonniers simultanément détenus à Plaszow était supérieur à 20 000. Des milliers de captifs y furent éliminés, pour la plupart par les armes.
L’industriel allemand Oskar Schindler mit en place une usine d'articles en métal émaillés à Cracovie, à proximité du camp. Au sein de l’usine, il tenta de protéger ses ouvriers juifs (900 personnes) des mauvais traitements pratiqués à Plaszow et de la déportation vers les camps d’extermination. En 1944, quand il déplaça l’usine et son personnel juif dans les Sudètes (une zone initialement tchécoslovaque), il empêcha la déportation de plus de 1 000 Juifs.
Comme l’armée soviétique approchait à l'été 1944, les Allemands se préparèrent à démanteler Plaszow. Les SS transférèrent les prisonniers vers d’autres camps de concentration en Allemagne et en Autriche. D’autres furent déportés vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau et y furent tués. Les Allemands tentèrent de supprimer toute trace des crimes commis dans le camp. Ils ordonnèrent que les fosses communes de Plaszow soient ouvertes et que les corps en soient exhumés et brûlés. En janvier 1945, les derniers prisonniers de Plaszow furent envoyés à Auschwitz pour être évacués plus à l’ouest.