Crise au Kivus
Bukavu, République démocratique du Congo
Lat: -2,5 / Long: 28,88
La nuit dernière, nous avons traversé la frontière entre le Rwanda et le Congo juste avant qu'elle ne soit fermée et nous sommes arrivés à Bukavu, une ville poussiéreuse sur la rive méridionale du lac Kivu, un des plus grands lacs d'Afrique. Il est difficile de comprendre comment un site d'une telle beauté naturelle puisse exister au cœur de l'un des pires conflits sur terre.
Ce qui se passe aujourd'hui à l'est du Congo n'est pas un génocide, qui est défini légalement par la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide comme des actes commis « dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Mais les violences observées semblent tout à fait constituer des crimes contre l'humanité et elles résultent directement, en grande partie, du génocide perpétré il y a 13 ans au Rwanda. Selon un rapport de l'International Rescue Committee, 5,4 millions de Congolais ont succombé à la violence ainsi qu'à la malnutrition et à des maladies dont la prévention est possible au cours des dix dernières années, et les femmes sont aujourd'hui victimes d'une vague permanente de violences sexuelles d'une grande brutalité qui détruisent aussi bien leurs familles que des communautés entières.
Dans la province du sud du Kivu, les anciens soldats du gouvernement rwandais et les miliciens Interahamwe qui ont perpétré le génocide sont les auteurs de violences différentes des actes généralement commis en situation de guerre. Appelés collectivement les « FDLR » (Forces démocratiques de libération du Rwanda), ils souhaitent garder le contrôle des terres qu'ils détiennent à l'est du Congo et des riches gisements de minerai qu'elles abritent. Leur stratégie consiste à effrayer les communautés en s'en prenant aux femmes, non seulement en les violant mais aussi en mutilant complètement leurs corps et en détruisant leurs familles. D'autres groupes, tels que l'armée du Congo (FARDC) qui manque cruellement de discipline et les milices locales (Mayi Mayi), sont également responsables de nombreuses atrocités infligées aux femmes et à leurs familles.
Consultez le journal interactif d'Angelina Jolie et John Prendergast sur le site Web du Musée. Vous y découvrirez ce qu'ils ont vu et entendu lors d'un voyage à l'est du Congo en 2004.
Posté par: Michael Graham | 28 novembre 2007