La plus belle colline du Rwanda

Murambi, Rwanda
Lat: -2,45234 / Long: 29,5683

En 1994, Murambi était une école non achevée en haut d'une colline près de Gikongoro, au Rwanda.  Lorsqu'a éclaté le génocide en avril, des dizaines de milliers de Tutsis dans la région y ont cherché refuge.
En 1994, Murambi était une école non achevée en haut d'une colline près de Gikongoro, au Rwanda. Lorsqu'a éclaté le génocide en avril, des dizaines de milliers de Tutsis dans la région y ont cherché refuge.

Lorsque notre voiture s'engage dans le parking de Murambi, théâtre de l'un des plus importants massacres du génocide, Gasana nous confie que c'est la première fois qu'il vient ici, 13 ans après avoir survécu au génocide. Nous l'avons recruté pour nous conduire à la frontière congolaise dans un véhicule utilitaire sport (VUS) et nous avons décidé de venir nous recueillir dans cette ancienne école nichée dans les collines d'un vert radieux du sud du Rwanda, entourée de champs de café en terrasse et de bananiers. Bien que nous l'ayons prévenu que cette visite pouvait être très douloureuse, Gasana a insisté pour s'en rendre compte de lui-même.

Nous sommes passés d'une salle à l'autre où sont exposés les corps de milliers de victimes exhumés des fosses communes et préservés dans de la chaux et nous avons traversé l'ancienne salle du réfectoire, où sont exposé les vêtements de dizaines de milliers de personnes cernées par les miliciens pendant une semaine sans pouvoir ni manger ni boire, avant d'être tuées.

Je lui ai posé une question que j'ai immédiatement regrettée : « Ça va  ? »

Il a secoué la tête lentement sans lever le regard. Ce silence en disait long. Gasana m'a confié plus tard qu'il se demandait toujours, depuis le génocide, pourquoi il n'avait pas été tué et, parfois, regrette d'être resté en vie. Pour lui, vivre aux côtés des génocidaires est plus que difficile. Il ressent toujours de la peur et il n'arrive pas à oublier ce qu'ils ont fait à sa famille. Pour de nombreux survivants qui ont visité cette école à Murambi, où la mort de milliers de personnes est figée dans la chaux, la réalité est quasiment insupportable.

Posté par: Michael Graham | 27 novembre 2007